Le sang, les sparadraps, la sueur et les cafés d’Elio Di Rupo

Le sixième exercice budgétaire en deux ans du gouvernement papillon ne donnera (au mieux) des ailes qu’aux PME. L’addition est douloureuse.

Sparadraps, patatras. Elio Di Rupo est arrivé. Son front orné de quatre pansements a d’emblée accroché tous les regards. Il a dit : « Tout ça m’a coûté un peu de sang, beaucoup de sueur et surtout beaucoup de cafés mais je suis content de vous présenter notre accord budgétaire ».

Voici des sparadraps à haute valeur symbolique pour parler des grosses rustines posées sur les finances du pays. Mais qu’est-il donc arrivé au Premier ministre? On apprendra, par la voix de Didier Reynders, qu’Elio Di Rupo est tombé dans les majestueux escaliers (mal éclairés) du Palais d’Egmont. Palais où siègent les Affaires étrangères et où se sont déroulées les nocturnes négociations.

La grande famille papillon, des cernes sous les yeux, est donc au grand complet, ce lundi matin. Joëlle Milquet est entrée la dernière. La vice-première cdH avait la mine boudeuse des mauvais jours. Elle s’est pris les pieds dans des fils avant d’atterrir sur l’ultime siège de la tablée. Elle a bataillé ferme pour sauver un maximum les allocations familiales.

Alexander De Croo, vice-Premier Open-VLD, est, comme toujours, arrivé un petit peu en avance sur tout le monde pour servir d’éventuels micros et caméras. Il s’agissait d’expliquer le dispositif contre les abus d’intérêts notionnels des grands patrons, taxe pudiquement renommée «fairness taxe ». Et dire que les avocats étaient remis au pas. «J’espère leur réponse ne sera pas de menacer de travailler au noir », raille le fringuant ministre.

Didier Reynders, vice-Premier MR, arbore sa cravate bleue électrique. Pieter De Crem, vice-Premier CD&V, promène à pas de loup son costume bleu foncé à rayure. Laurette Onkelinx, vice-Première PS, a mis une chemise rose bonne mine. Olivier Chastel, ministre du Budget, posture consciencieuse, a serré la main de chacun de ses camarades. Il souligne les mesures de relance pour les PME. Quant au ministre des finances Geens, il s’est mis sur un coin de table en souriant.

«Nous ne voulions pas que la Belgique sombre dans l’austérité, tout en respectant nos obligations et la mise en demeure de l’Europe », scande Elio Di Rupo. «Nous ne sommes pas tombés dans la facilité de taxes tous azimuts. Nous n’avons pas augmenté la fiscalité sur le travail. Et nous avons tout fait pour éviter de casser la machine économique de notre pays ».

Ceci clôturait le sixième exercice budgétaire, en deux ans, du gouvernement Di Rupo I.

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