Budget Mammouth

Catherine Ernens, journaliste L'Avenir EDA

C’est du lourd. Le « petit ajustement budgétaire 2013 » a viré à l’exercice mammouth.

C’est une découpe tous azimuts à la tronçonneuse. On a bien dit tous azimuts. La méthode papillon reste pareille à elle-même : un peu de tout plutôt qu’un grand coup. Pas hausse de TVA généralisée ou de cotisation de crise pour chacun. Mais un peu de tout qui forment un très grand tout de 2, 374 milliards. 80 % des restrictions budgétaires pour 2 014 ont ainsi été décidées. Un gouvernement qui balance la facture six mois à l’avance, c’est du jamais vu. Tous les ministres le reconnaissent. Et le justifient. Ils n’avaient vraiment pas le choix, disent-ils. L’Europe est sur nos talons. Ce n’est pas avec des signes de bonne volonté, le sourire du Premier en prime, que la Belgique s’en tirera cette fois. Il fallait, pour ce 21 juillet, présenter une feuille de route sérieuse et détaillée qui ne soit plus un montage de bouts de chandelle. La réduction de notre déficit est une obligation, terminé de jouer avec les allumettes en dénonçant l’austérité pour échapper aux chiffres implacables. Sous la pression du PS, le gouvernement avait adopté ce pas de côté la fois passée. Plus question cette fois.

À cause de l’Europe? Il y a une autre vraie raison que nul ne dit : les élections de 2 014. Pour mettre les six partis fédéraux d’accord sur un budget aujourd’hui, cela prend déjà des nuits et des semaines. Ce sera absolument impossible. après l’été Chacun sera à couteaux tirés. Ne pas faire le grand saut maintenant c’était prendre le risque de remplacer le sparadrap par des blessures autrement plus profondes. Et puis, 2 014 ce sera une longue année pour notre pays, pleine d’incertitudes, d’affaires courantes et de pièges nationalistes. Anticiper est un réflexe de survie du gouvernement Di Rupo.

Mais attention. Nos ministres viennent de brûler un sacro-saint principe en politique : tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout, il n’y a d’accord sur rien. Et ici, il n’y a pas d’accord sur 20 % des mesures. Et pas d’accord non plus sur l’épineuse participation des entités fédérées. Et la commission européenne a déjà rappelé que ceci ne suffirait pas. L’autre versant de ses exigences: la réforme de notre système social. L’exercice budgétaire 2 014? 80 % est gravi, certes. Mais la pente est si glissante que tout peut s’écrouler aussi vite. Un budget mammouth, c’est lourd. Ca redescend donc aussi vite.

Nos dernières videos