Si ça, c’est pas un joyau de la couronne !

Si ça, c’est pas un joyau de la couronne !

À 29 ans, Steve Darcis a réussi le plus bel exploit de sa carrière. « J’en veux le DVD pour ma fille ! »

AFP

Steve Darcis a réussi un véritable exploit hier à Wimbledon en dominant Rafael Nadal au 1er tour. Jamais personne n’avait réussi ça…

Tremblement de terre, hier dans le sud-ouest de Londres : un petit Belge à qui on ne donnait pas cher de sa peau a créé la surprise du siècle – et ce fut tout sauf un hold-up – en dominant Rafael Nadal, l’un des grands favoris de cette édition. Et en trois sets seulement s’il vous plaît : 7-6 (7/4), 7-6 (10/8), 6-4 !

Rien ne parlait pourtant en faveur du Liégeois, ni le classement mondial (ATP 5 contre ATP 135), ni le palmarès (57 titres à 2), encore moins les victoires en Grand Chelem (164 à 7!) et a fortiori sur le gazon londonien (36 succès à… 1). Mais quelle belle 2e victoire !

Décidé à agresser l’Espagnol, pour ne pas se faire balader, Steve a été le premier dans l’histoire à trouver la recette : Nadal n’avait jamais perdu au 1er tour d’un Grand Chelem et il était même le seul joueur à avoir été N.1 mondial à détenir ce record.

La sensation qui a secoué Wimbledon dès son jour d’ouverture est d’autant plus forte que Nadal avait été en finale de tous ses tournois 2013 (neuf pour 7 titres). C’est encore là que la plupart l’attendaient…

La réalité oblige cependant à dire que Nadal a semblé diminué, hier, et de plus en plus même au fil de la partie. Mais que cela n’enlève rien au mérite du Liégeois.

« Je voulais réussir quelque chose »

Après douze éliminations au 1er tour d’un Grand Chelem en 18 occasions, Darcis a donc créé l’événement, clôturé sur un ace. Comme un symbole. L’ace de l’as !

« Personne ne s’attendait à ma victoire et moi non plus à vrai dire. Mais j’étais bien décidé à défendre chèrement ma peau. Il n’avait pas rejoué depuis son titre à Roland-Garros et un premier match sur gazon est toujours difficile. D’accord Nadal n’a pas joué son meilleur tennis (sinon quasiment personne ne peut le battre !), mais je ne l’ai pas vraiment senti diminué physiquement. Il bougeait bien. J’ai commencé à y croire dès la moitié du 1er set. Il ne me faisait pas mal et je tenais la comparaison. La conquête du 2e set a été déterminante. Surtout que j’ai enchaîné avec un break. J’étais lancé… C’est évidemment la plus belle victoire de ma carrière. Et c’est marrant parce que la précédente datait déjà d’ici : contre le Tchèque Tomas Berdych (ATP 7) l’an dernier aux JO. Il faut croire que ce gazon m’est béni…».

C’est maintenant le Polonais Lucasz Kubot (ATP 130) qui attend Steve, demain au 2e tour. Un gros morceau aussi.

«Mais avant, une petite bière de récupération! Mais une seule. Car ce serait dommage d’en rester là. Et ce mardi entre récupération et entraînement, ma priorité sera de trouver le DVD du match. Pour le montrer à Camille (sa fille née le 28 mai) plus tard. Je serai fier de lui commenter». Et il peut!