CYCLISME

Souvenirs du Tour: Tom Simpson n’avait pas chuté

Entre Marseille et Carpentras, nous sommes le jeudi 13 juillet 1967, le peloton s’attaque au terrible Ventoux. Dans la chaleur étouffante de cette partie lunaire du Géant de Provence, nous sommes à trois kilomètres de l’arrivée, un coureur s’effondre sur le talus et se couche dans la pierraille.

Tom Simpson est sans connaissance, et même un spectateur commence le bouche-à-bouche. Le docteur Dumas arrive sur les lieux, il poursuit l’essai de réanimation, secondé par les infirmières. La scène dure quarante minutes. Tom Simpson est ensuite évacué par hélicoptère à l’hôpital d’Avignon. Intubé, Simpson ne sortira jamais du profond coma dans lequel il est plongé. Le décès officiel est constaté à 17 h 40. Le permis d’inhumer n’est pas délivré. Après l’autopsie, on en déduit que la fatigue, la chaleur étouffante (35 °C), l’effort, la privation d’eau (le ravitaillement en course n’était pas encore en place), la prise d’amphétamines (du Tonédron dont on retrouva plusieurs tubes dans les poches du maillot, qui repousse le besoin de repos, mais ne l’annule pas) et, marginalement, l’acceptation du cognac des spectateurs sont les facteurs qui ont provoqué le dépassement des capacités thermorégulatrices du corps, provoquant un malaise et l’évanouissement du champion.

Dans l’étape du lendemain, à Sète, le peloton laissa la victoire à son coéquipier et ami Barry Hoban, qui épousa la veuve de Tom Simpson quelques années plus tard. Un an avant cet épisode dramatique du Ventoux, les coureurs du Tour de France avaient manifesté contre les premiers contrôles anti-dopage…

D.M.