En quête de Guillermo Zorgen

Révélée en 2011 avec Eux sur la photo, Hélène Gestern confirme son coup d’essai avec ce deuxième roman original et prenant.

De qui Laurence, la narratrice, est-elle la fille ? Lorsque son père, malade, lui avoue n’être pas son géniteur, elle ne réagit pas. Ce n’est qu’un an plus tard, farfouillant dans des photos et documents familiaux, qu’elle tombe sur un nom : Guillermo Zorgen. Ainsi que sur des lettres envoyées par lui de prison à une mystérieuse « S. ». Elle découvre qu’il s’agit d’un militant d’extrême-gauche prônant la méthode violente qui, au milieu des années 1970, a fait de la prison pour un incendie dont il a toujours nié être responsable. Il a été retrouvé mort l’année suivante au pied d’un immeuble. L’enquête a conclu au suicide.

Se peut-il que le fondateur du Mouvement pour la lutte clandestine soit son père? La jeune femme rencontre plusieurs personnes qui vont lui permettre de progressivement rassembler les pièces du puzzle. Notamment un journaliste qui ne cesse de réclamer la vérité. Il est suffisamment rare de lire dans un roman de la prose révolutionnaire que pour ne pas s’en réjouir. D’autant plus quand c’est construit avec une telle maîtrise.

M.P.

Hélène Gestern, «La part du feu», Arléa, 219 p., 19 €.

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