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Les multiples faces de la Résistance

La Résistance pour les nuls constitue une remarquable synthèse française sur le sujet. Son auteur, Dominique Lormier, rappelle que le premier sabotage a lieu en juin 1940 et que les premiers résistants – socialistes, chrétiens, de droite, voire d’extrême droite et même communistes -, se mobilisent dès juillet 1940.

Le premier réseau, celui du Musée de l’Homme, né à l’automne, sera détruit et ses membres fusillés au mont Valérien en novembre 1942. Il raconte aussi le rôle primordial des multiples maquis, la naissance de journaux clandestins, la guerre des Forces françaises libres en Afrique et consacre un chapitre à Jean Moulin. C’est extrêmement complet, très documenté et par sa présentation en courts paragraphes, d’une lecture aisée. (First Éditions)

Dans Histoires extraordinaires de la Résistance française, le même historien développe certains points: l’armée d’armistice (100 000 hommes en zone libre) et les soldats passés clandestinement en Afrique du Nord cachant l’armement ayant échappé aux Allemands, les réseaux d’évasion de France (avec le témoignage inédit d’un jeune homme désireux d’intégrer une unité combattante), les Forces françaises de l’intérieure nées début 1944 pour préparer la libération de la France, etc. (Cherche-Midi)

Sous l’Occupation, la position de la SNCF a été ambivalente: tandis que ses dirigeants spoliaient les commerçants juifs, dénonçaient les Résistants et participaient le plus discrètement possible aux déportations (sans pour autant avoir été inquiétés à la Libération), les cheminots ont été majoritairement de grands résistants, au péril de leur vie (12 000 furent tués, fusillés ou morts en déportation). C’est à leur héroïsme que rend justice Jean-Pierre Richardot dans SNCF. Héros et salauds pendant l’Occupation, qui s’ouvre par le témoignage de Léon Bronchart qui a refusé de conduire un train de déportés puis un convoi de troupes allemandes. (Cherche-Midi)

M.P.