musique électronique

Le pionnier de l’electro belge revient

Dan Lacksman connu pour être un tiers de Telex est le pionnier de l’electro belge. Il sort un nouvel album, le premier en 40 ans.

Il a la moustache inamovible, le sourire bonhomme, Dan Lacksman nous accueille dans son studio bruxellois à l’immense console qui compte plus de boutons qu’un cockpit d’avion.

Dan Lacksman est ingénieur du son, il a travaillé pour des artistes comme Étienne Daho, Youssou N’dour, Alain Chamfort, Eros Ramazzotti, Hooverphonic, Maurane… Il est aussi producteur : le premier album de Lio, en 1979, avec le tube Banana Split, c’est lui qui l’a coproduit avec Marc Moulin. Les deux complices formaient alors le trio Telex avec Michel Moers.

Mais avant tout, l’homme est un passionné. Une passion née très tôt. «J’ai commencé à composer des chansons quand j’étais jeune, sourit-il. J’ai découvert les Beatles et je faisais des chansons avec ma guitare que j’avais reçue pour la Saint-Nicolas à 13 ans. J’ai fait un album chanté sous mon nom. Quand les synthés sont arrivés, ça m’a tout de suite intrigué. J’ai investi là-dedans et j’ai été le premier en Belgique à l’utiliser professionnellement début des années 70. J’étais jeune ingé-son et je me suis spécialisé avec les synthés. C’étaient des sons nouveaux, c’était vraiment révolutionnaire. En studio, les artistes demandaient des sons et je proposais. Et c’est comme ça que j’ai commencé.» Il a ainsi composé pour des artistes comme Patrick Hernandez (l’entêtant synthé de Born To Be Alive, c’est de lui) ou Plastic Bertrand.

Le fameux synthé, acquis en 1970, il l’a toujours. Son petit nom : EMS VCS 3. Il a sa place dans sa collection de synthés vintage. Les ordinateurs, il s’en sert bien sûr, mais sa patte, c’est la création de sons analogiques au synthétiseur. Un vrai travail d’artisan. Parce qu’à part quelques guitares, tous les sons sont électroniques sur l’album, Electric Dreams. C’est le premier sous son nom depuis 1973. Et finalement seulement le deuxième. Bien sûr entre-temps, il y en a eu beaucoup d’autres, instrumentaux sous le nom d’Electronic System, et puis les albums de Telex.

Une touche de Télex

On retrouve tout de même une touche de Télex sur cet Electric Dreams : après avoir longtemps cherché une idée et longuement hésité, Dan Lacksman a fait appel à Ever Meulen pour la pochette, c’est lui qui avait déjà dessiné les pochettes du trio.

Pour cet album, «J’avais mis des idées de côté. Des choses que je n’avais pas osé proposer à Telex parce que je pensais que c’était peut-être un peu trop Kraftwek, comme Surrounded by Fields, c’était trop sombre pour Telex. J’aurais peut-être pu, je ne sais pas… Enfin, avec deux pointures comme Marc Moulin et Michel Moers, au niveau des textes et tout, j’étais plutôt le technicien, le gars qui racontait des blagues derrière sa console. Mais j’ai rassemblé des titres, et puis d’un coup, je me suis dit : autant en faire quelque chose.» C’est sa fille Alice qui l’a poussé à aller au bout du projet. Comme Lio et Sandrine Collard qui l’ont encouragé à continuer ou son ami Jacques Duvall qui signe un texte.

Le tout forme un album gentiment rétro, mais diablement moderne à la fois. «Il y a des titres chantés et des titres semi-instrumentaux. Ça me ressemble assez».

77 Recordings.