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Statut unique : entre stress et manif

Statut unique : entre stress et manif

La ministre de l’Emploi, Monica De Coninck, s’est enfermée dans le silence. La solution sur le statut unique ne viendra pas d’elle mais du gouvernement.

Belga

FGTB et CSC manifestent ce matin. Une réunion cruciale est prévue vendredi. Il reste trois semaines pour que l’ouvrier soit un employé comme un autre.

 

Drapeaux rouges et verts flotteront à nouveau au bras des manifestants, ce matin, à Bruxelles. L’austérité européenne et le gel des salaires font sortir une fois encore les syndicats dans la rue. Mais la revendication la plus brûlante porte sur le dossier ouvriers et employés.

Il reste trois semaines avant la date-butoir où des ouvriers pourront faire valoir en justice les discriminations liées à leur statut historique. Les employés bénéficient à l’heure actuelle de préavis de licenciement bien plus longs que ceux des ouvriers, lesquels n’ont pas non plus le même régime en cas de maladie.

Le gouvernement papillon mettra, en principe vendredi, une proposition sur la table pour relancer in extremis le dialogue entre les partenaires sociaux. Une rencontre avec «le groupe des dix» (syndicats et patrons) à l’issue d’un comité ministériel restreint (kern) est programmée.

Le dossier patine depuis des mois. Les méfiances sont exacerbées comme jamais. La ministre de l’Emploi, Monica De Coninck (sp.a), teste des scénarios depuis des semaines. Elle a désormais prudemment décidé de s’enfermer dans un épais silence et de ne porter aucune solution en son nom propre. Il n’y aura de solution que si tous les partis de la majorité s’entendent sur le compromis. «La ministre a la compétence technique mais la solution viendra du gouvernement», note son porte-parole.

La tentation d’un bricolage à la belge pour contourner le problème est dans l’air. Mais jusqu’ici, pour y parvenir, seul un chambardement de la Constitution a été évoqué. Or, une telle solution réclamerait un appui de la N-VA qui le ferait chèrement payer.

Par ailleurs, iI se dit de plus en plus que le 8 juillet est une date-butoir mais qu’elle ne sortira toutefois pas ses effets avant le 15 août. En clair, un ouvrier qui irait le 9 juillet réclamer serait confronté aux vacances judiciaires. Et la date fatidique à laquelle les employeurs devraient comparaître n’interviendrait pas avant le 15 août.

Tout ça pour dire que l’heure est grave, que l’horloge tourne mais que les acteurs relativisent le délai. Objectif : ne pas se retrouver avec un couteau sur la gorge dans les jours à venir.

Les patrons serrent les dents. La CSC est aux aguets. La FGTB est sur les nerfs. La menace de la CSC, cette semaine, de milliers de procès si le dossier d’un statut unique pour les employés et les ouvriers n’est pas réglé d’ici le 8 juillet, a fait bondir la FEB. Les entreprises préviennent qu’un tel scénario mènerait au chaos et, si le gouvernement ne trouve pas une solution, ils fourbiront leurs propres réponses.

L’idée de compromis qui se profile serait à mi-chemin entre ce que veut la FEB (Fédération des entreprises) et la CSC (syndicat chrétien). La durée des préavis tant pour les ouvriers et les employés serait d’un mois par année prestée avec un plafond de maximum dix mois. Le jour de carence (premier jour de maladie non payé), lui, serait «infligé» à tous. Cela reste indigeste. Le SETCa réclame un préavis de 3 mois par tranche de 5 années de service et la suppression du jour de carence.

Au-delà, le flou règne quant au fait que ces nouvelles règles communes s’imposent aux nouveaux arrivés ou également à des travailleurs déjà sous contrat. «En période de crise, on n’acceptera pas de précariser encore plus le monde du travail», appuie la porte-parole du syndicat socialiste. Or tout compromis de ce type mènerait nécessairement à une diminution des droits des employés.

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