Union Européenne

L’Europe va taxer le solaire chinois

L’Europe va taxer le solaire chinois

Dès jeudi, les panneaux solaires chinois seront taxés à hauteur de 11,8 %. Une taxe qui pourrait augmenter.

Look at Sciences / Reporters

La Commission européenne va taxer les panneaux solaires fabriqués en Chine. Une bouffée d’oxygène pour un secteur mis à mal par le dumping chinois.

La Commission européenne s’est lancée mardi dans un bras de fer avec la Chine dans le secteur du solaire, et ce, malgré les réticences de plusieurs États de l’UE et les menaces de représailles commerciales de Pékin.

L’exécutif européen a décidé à l’unanimité d’imposer des taxes sur les importations de panneaux solaires chinois, de cellules photovoltaïques et de composants, a annoncé le commissaire chargé du Commerce, Karel De Gucht. Il avait jusqu’à mercredi pour prendre cette décision sensible, aux enjeux commerciaux et politiques.

« Ce n’est pas une mesure protectionniste», a assuré M. De Gucht. Pour lui, l’instauration de ces taxes est une «mesure d’urgence pour donner un ballon d’oxygène à un secteur qui souffre» des pratiques de dumping des firmes chinoises.

Plusieurs entreprises allemandes (Q-Cells et Solarhybrid) et françaises (Solar France) ont déjà mis la clé sous la porte. D’autres ont été reprises, comme la Française Photowatts par EDF. Quelque 30 000 emplois sont en jeu, selon Bruxelles.

«Nous sommes soulagés que la Commission européenne ait décidé de prendre des mesures concrètes pour lutter contre les pratiques déloyales chinoises, qui ont déjà coûté des milliers d’emplois et la fermeture de 60 usines dans le secteur en Europe», a réagi le groupement d’entreprises EU ProSun.

En revanche, l’Alliance pour une énergie solaire abordable (Afase), qui regroupe beaucoup de fabricants chinois, a affirmé que cela allait «sévèrement heurter le niveau de demande, ce qui entraînera des pertes d’emplois et portera un coup important à l’industrie solaire européenne».

Malgré sa riposte musclée, la Commission espère toujours parvenir à une solution à l’amiable. En signe de bonne volonté, elle a opté pour une réponse graduée : à partir du 6 juin, les importations de produits chinois de l’industrie solaire seront taxées à hauteur de 11,8 % et si aucun accord n’est trouvé avec Pékin dans les deux mois, le taux sera alors relevé à 47,6 % en moyenne.

Pékin a jusqu’au dernier moment tenté d’infléchir la position de la Commission : le Premier ministre, Li Keqiang, s’est ainsi entretenu lundi soir au téléphone avec le président de la Commission, José Manuel Barroso, selon une source européenne.

En plus des autorités chinoises, la Commission a dû affronter l’Allemagne et dix-sept autres États membres opposés à l’instauration de ces taxes.

À ce stade, l’avis des États membres n’était que consultatif, mais à la fin de l’année, ils voteront pour prolonger les mesures pendant cinq ans.

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