Agriculture

Nouvelle PAC : tic-tac, tic-tac… ?

Nouvelle PAC : tic-tac, tic-tac… ?

Faut-il attendre les décisions de l’Europe sur la PAC pour consulter le secteur agricole wallon ? Les avis divergent.

ÉdA – 201418552483

La nouvelle PAC se dessinera fin juin au niveau européen. En Wallonie, certains s’impatientent : quand va-t-on consulter le secteur?

Au niveau européen, pas moins de 34 réunions sont prévues d’ici la fin du mois de juin sur la future politique agricole commune. Des tripartites, entre le Parlement européen, la présidence irlandaise et la commission…

On espère en effet un accord sur les grandes lignes de la future PAC le 24 ou le 25 juin. Les mesures seront alors connues. Restera à les adapter à chaque région.

En attendant, que fait la Région wallonne? Elle attend, précisément, si on en croit l’opposition. «Et c’est le problème parce que lheure est grave», prévient Caroline Cassart, députée wallonne MR. «Nous sommes à un tournant : on va décider de ce que sera la politique agricole commune pour les 6 ans à venir. Pour le ministre de l’Agriculture, c’est le moment d’être proactif. Et de procéder à une vraie concertation avec le secteur. Or, cette concertation n’a pas lieu», reproche Caroline Cassart.

Le député socialiste Edmund Stoffels s’était lui aussi inquiété de la situation il y a quelques jours.

Le ministre Carlo Di Antonio (cdH) annonçait il y a deux semaines qu’un courrier allait partir vers les syndicats agricoles, pour leur demander leur position sur une série de points liés à la PAC. « On n’a jamais reçu ce courrier », lâche Daniel Coulonval, président de la Fédération wallonne de l’agriculture, syndicat majoritaire (selon le cabinet Di Antonio, le courrier a été signé et ne saurait tarder…). «C’est en effet maintenant que la concertation doit avoir lieu», insiste Daniel Coulonval. «Nos collègues de Flandre ou des autres pays européens disposent déjà de la position claire de leur ministre. Pas nous », dit-il. «On va se retrouver à devoir réagir en dernière minute. Ce n’est pas une bonne méthode de travail », regrette-t-il.

La charrue avant les bœufs ?

Du côté du syndicat minoritaire, la Fugea, on annonce que le courrier du ministre est bien arrivé. « Il nous demande quelle est notre position », explique simplement le président Philippe Duvivier.

Celui-ci dit comprendre l’attitude du ministre wallon. «Il attend les lignes directrices qui seront adoptées au niveau européen. Entre-temps, il y a quand même déjà eu une série de réunions. Pas directement sur la PAC, c’est vrai, mais sur certains points qui y sont associés», raconte-t-il.

Normal? La concertation ne devrait-elle pas avoir lieu avant que l’Europe se prononce? «De toute façon, on va trancher fin juin alors que le budget européen n’est pas encore validé…», souligne Philippe Duvivier. Tout en ajoutant, confiant : «Carlo Di Antonio s’est concentré sur le Code wallon de l’agriculture jusqu’à présent. Après, on va sans doute pouvoir intensifier le travail sur la PAC», prévoit-il. «Tout dépend du temps qui va rester après le mois de juin pour en discuter concrètement au niveau wallon», nuance le président de la Fugea.

Carlo Di Antonio avait en effet déjà rappelé que tout n’allait pas définitivement s’emballer fin juin. « La concertation, pour moi, elle est permanente. Mais la mise en œuvre au niveau wallon ne pourra être entamée que lorsqu’on verra plus clair sur les grandes orientations retenues et les options offertes par les règlements aux États membres. Une période de transition est prévue en 2014. On aura fin 2013 pour faire calmement les choses», tempère-t-il.

À la FWA, on se montre nettement moins zen. Le président piaffe. «Nos membres nous demandent des comptes, à juste titre. Or, c’est l’impasse. On a encore une réunion ce mercredi, avec les autres organisations professionnelles de Flandre, et nous, on n’a strictement rien », regrette Daniel Coulonval.