Bierce, le farceur mordant

A travers ses publications, le Dilettante manifeste un goût sûr pour l’humour en général et l’absurde anglo-saxon en particulier.

Après l’Américain Robert Benchley (L’Expédition polaire à bicyclette), le Canadien Stephen Leacock (Le Plombier kidnappé) ou l’Anglais Gideon Defoe (Pirates! dans Une aventure avec…), voici un autre Américain, Ambrose Bierce (1814-1914?), l’auteur du Dictionnaire du diable bien connu des amateurs d’humour noir. Inspirées des Fables d’Esope (comme La Fontaine), les cent trente-cinq brèves Fables de Zambri ont paru en 1874 à Londres où l’auteur s’était installé, les attribuant à Zambri le Parsi dont il affirmait être le traducteur. L’humour est omniprésent, c’est entendu, mais dans sa version la plus sombre, désabusée, voire cynique. Où il est souvent question d’animaux qui dévorent sans vergogne ceux qui sont plus petits qu’eux, et donc plus vulnérables - un chat un rat, une grenouille un têtard, un loup un agneau… -, se font mal, se disputent, se dupent, etc. Où sont confrontés à des humains guère plus conciliants. Et, à chaque fois ou presque, l’auteur tente de trouver une morale, sans jamais se prendre au sérieux. Délectable.¦ M.P.

Ambrose Bierce, «Les Fables de Zambri», Le Dilettante, 189 p., 15 €.