CYCLISME

L'Alpe d'Huez : des records et un col démystifié par Pantani

L'Alpe d'Huez : des records et un col démystifié par Pantani

Reporters

Alors que le peloton du Tour de France s’apprête à escalader l’Alpe d’Huez par deux fois, le col alpestre a perdu de sa superbe depuis une vingtaine d’années. En cause, le peloton des années 90 qui a avalé le juge de paix à une allure folle.

22 juillet 2011. Alors que Pierre Roland s’impose en solitaire en haut de l’Alpe d’Huez, Samuel Sanchez, deuxième de l’étape, a été le coureur le plus rapide dans les 21 virages du juge de paix alpestre. Selon les analystes, le leader de la formation Euskaltel-Euskadi a été chronométré en 41 minutes et 45 secondes, soit 9 secondes de mieux qu’Alberto Contador. Une belle performance qui tranche pourtant avec celles réalisées dans ce même col par le peloton des années 90.

Car, même si les temps diffèrent de quelques secondes selon l’endroit où le chrono est lancé, les chiffres sont éloquents. Des 43 minutes de moyenne pris par les meilleurs grimpeurs (Luis Herrera, Gert-Jan Theunisse, Pedro Delgado) de la fin des années 80, il ne faudra bientôt plus qu’une petite quarantaine de minutes aux cadors pour grimper l’Alpe d’Huez.

Premier coureur à franchir réellement – et largement - la barre mythique des 40 minutes, Marco Pantani restera le symbole de cette génération lancée à toute allure dans l’Alpe d’Huez. 1994, 1995, 1997 : l’Italien se montrera le plus rapide sur les pentes du col alpestre durant ces trois Tours, réduisant les Virenque et les Ullrich à un rôle de spectateur. La légende du « Pirate » était né.

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Mais loin d’être une exception, Pantani ne fera qu’emmener un peloton pour qui l’Alpe d’Huez ne fait plus peur. Pour Jan Ullrich, le col s’avalera en moins de 38 minutes en 1995. Pour Miguel Indurain, Alex Zülle, Bjarne Riis (1995) et Richard Virenque (1997), il faudra compter une quinzaine de secondes de plus. Qu’à cela ne tienne, les chronos explosent. Et le charme est rompu…

Même après l’affaire Festina (1998) et le vent de panique qui soufflera sur le peloton dans les mois qui suivent, une partie du peloton continuera de se moquer du juge de paix alpestre. Les 38 minutes et des poussières de Lance Armstrong en 2001 et 2004 (au cours d’un contre-la-montre de « seulement » 15,5 km) font, par exemple, grincer des dents encore aujourd’hui.

Petite éclaircie dans la grisaille, le rythme imposé dans l’ascension de l’Alpe d’Huez apparaît aujourd’hui beaucoup plus régulier. Oubliés les multiples à-coups et les attaques frénétiques, le temps est à la sélection par l’arrière. Un style de course qui, même s’il ne plaît pas toujours au public amassé le long de la route, pourrait faire renaître une lueur d’espoir dans le regard de quelques-uns. Et - qui sait ? - faire renaître le mythe de l'Alpe d'Huez.

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