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Le nombre de mariages et de divorces diminue en Belgique

Le nombre de mariages et de divorces diminue en Belgique

Facteur crise ou effet de mode ? Le mariage n’a en tout cas plus la cote.

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Depuis 2008, le nombre de mariages est en diminution. Tout comme celui des divorces. La faute à la crise?

Le SPF Économie vient de publier une série de chiffres concernant l’évolution tant du nombre demariages et de divorces en Belgique jusqu’en 2011. Un élément marquant ressort de ces chiffres : si les mariages se font plus rares, le nombre de divorces diminue également.

En analysant avec un peu plus d’attention les données statistiques, on remarque que le retournement de tendance se situe en 2008, soit au plus fort de la crise financière (45 613 mariages pour 35 366 divorces).

Les trois années suivantes, tant les séparations que les unions ont progressivement diminué : 43 303 mariages en 2009, 42 159 en 2010 et 41 001 en 2011; 32 606 divorces en 2009, 28 903 en 2010, 27 522 en 2011.

« Un facteur pas si facile à interpréter »

Fait-il voir dans ces chiffres une conséquence de la crise économique qui frappe l’Europe et la Belgique?

«C’est la question que les gens se posent, explique Jacques Marquet, sociologue de la famille à l’Université catholique de Louvain. Il faudrait voir si la tendance se confirme. Mais le facteur crise n’est pas un facteur si facile que cela à interpréter car la crise ne touche pas tout le monde de la même manière

Pour M. Marquet, il faut analyser plus attentivement les statistiques pour voir si les milieux sociaux les plus touchés par la crise sont aussi ceux où il y a eu un changement d’attitude en matière de divorce ou de mariage.

Des économies d’échelle

Car, poursuit le sociologue, le lien n’est pas aussi évident qu’il n’y parait. « Parfois, l’insécurité économique amène à retarder un engagement de long terme. On essaie de thésauriser avant de lancer son projet. Mais le projet de se mettre ensemble peut aussi permettre d’obtenir des synergies.» En vivant à deux, on ne paie qu’un loyer, se nourrir coûte moins cher, etc.

Des explications qui valent aussi pour les divorces. Un divorce coûte cher. Certains couples vont donc y repenser à deux fois avant de se séparer. «On commence à avoir de la littérature qui montre qu’un certain nombre de personnes qui se disent qu’elles vont continuer à vivre ensemble parce que cela coûte moins cher

Et le sociologue de conclure : «L’hypothèse de la crise n’est pas à exclure. Mais il n’est pas certain que la crise va avoir le même impact sur des groupes sociaux différents