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Climat : des spéculations effarantes

Climat : des spéculations effarantes

Partout, explique Arte, des multinationales régissent le marché de l’énergie. Objectif : se faire un maximum de blé.

Arte

La concentration de CO2a atteint un record.Les multinationaless’en moquent. Elles détournent à leurs profits la lutte. Enquête, sur Arte.

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Soirée spéciale sur les spéculations liées au climat, ce soir, sur Arte. Elle ne pouvait pas mieux tomber : hier, l’ONU a annoncé que l’Humanité venait d’entrer dans «une nouvelle zone de danger ». En cause : la concentration de CO2 dans l’atmosphère, qui vient de franchir le seuil historique des 400,03 PPM.

«La dernière fois que la planète a connu une concentration de plus de 400 ppm de CO2, c’était il y a environ 3 millions d’années, quand la température globale était 2 à 3 degrés plus élevée qu’à l’ère pré-industrielle, expliquait samedi Bob Ward, directeur à l’Institut de recherche Grantham sur le changement climatique et l’environnement (London School).

Problème : passé ce seuil, les scientifiques redoutent un emballement du système climatique avec son cortège d’événements extrêmes. Raison pour laquelle d’ici 2050, les fournisseurs d’électricité devraient produire de l’énergie sans émettre de dioxyde de carbone (CO2).

On en est loin, comme le démontre cette enquête intitulée «La fausse promesse d’une énergie propre». Et Arte de notamment poser un constat sévère sur l’industrie du biogaz, qui se développe… «Pour alimenter cette filière, il faut de la biomasse, matière organique qui, après transformation, produira de l’énergie. À l’origine, celle-ci devait provenir des déchets agricoles. Mais, au final, les exploitants préfèrent cultiver du maïs, et utilisent pour cela… du fioul.»

Se l’enquête présentée ce soir, l’essence consommée par les 7 500 centrales de biogaz allemandes génère ainsi 2,5 millions de tonnes de CO2 par an. Des données qui… «n’entrent pas dans le bilan carbone de l’Union européenne»!

Autre secteur pointé du doigt dans l’enquête : les biocarburants. « En Europe, l’extension de sa production se fait au détriment des parcelles en fourrage ou des tourbières qui constituent d’importantes réserves de CO2. Au Brésil, elle provoque la destruction de pans entiers de la forêt amazonienne, libérant au passage des tonnes de gaz à effet de serre.»

Conclusion d’Arte : partout, des multinationales régissent le marché de l’énergie. Objectif : se faire un maximum d’argent.

Arte, 20.50