Un gîte-loft sur la Meuse

À Namur, à proximité du Grognon, sur la rive gauche de la Meuse, la péniche « À l’Abordage ! » s’est transformée en gîte et attend ses premiers hôtes.

ÉdA – Jacques Duchateau

À l’origine, cette péniche transportait du sable et du gravier. Yvon Henrot l’a transformée en un gîte-loft contemporain.

Envie d’une nuit pas comme les autres? À l’abordage…

«Vivre sur un bateau donne l’impression d’être spectateur, en dehors du monde »… Sur sa péniche dont il vient de terminer la transformation, Yvon Henrott a le sentiment d’être «continuellement en vacances . »

Ce Namurois de 45 ans est passionné par les bateaux depuis 23 ans. Un engouement qu’il doit à un cousin. «À l’époque, il construisait son propre voilier; à force de le fréquenter, il m’a transmis cette passion. »

Il faut dire qu’Yvon Henrot avait quelques prédispositions. «Je suis très attaché à mes racines, et Namur, c’est avant tout la citadelle et la Meuse. J’ai toujours aimé l’eau, j’ai la passion du fleuve. »

Acquérir une péniche n’est cependant pas simple sur le plan financier. «Les banques ne font pas de prêts pour l’achat de bateaux, parce ceux-ci sont considérés comme biens mobiliers et pas immobiliers, observe le Namurois. Pourtant, une péniche comme celle-ci à un prix qui se rapproche de celui d’une maison. »

Ce n’est donc qu’après la visite de nombreuses péniches en Belgique ou en Hollande, et grâce aux conseils avisés d’un ami, James Nimal – «une encyclopédie de la batellerie » -, qu’Yvon trouve, en 1995, une première péniche. Il la gardera jusqu’en 2001. «S’en séparer a été très dur,; j’étais vraiment tombé amoureux d’elle, confie-t-il. J’y avais aménagé les cales afin de pouvoir y vivre . Actuellement, elle se trouve à Paris, dans un quartier aisé. »

Dix ans plus tard, Yvon Henrot fait l’acquisition de son actuel bateau. Une occasion en or, pour laquelle il a dû se montrer patient… «Je connaissais le propriétaire et la péniche; un bon bateau qui flotte depuis 1924, dont la coque est faite de tôles rivetées .  J’ai vu qu’il était mis en vente et j’ai téléphoné pour savoir le prix. Évidemment, ce n’était pas donné. Tous les six mois, je reprenais contact. Un jour, on a négocié un prix dans mes moyens et je l’ai acheté.»

Si acquérir une péniche ne s’improvise pas rayon financier, il faut également bien se préparer à la piloter. Ce n’est pas forcément évident. «J’ai dû passer un brevet de conduite général, explique Yvon. Conduire une péniche, c’est un peu comme conduire un semi-remorque. Vous êtes dans le poste de pilotage et, devant vous, vous avez un véhicule de 38 mètres à manœuvrer. Et ça demande de la précision : en France, les écluses laissent à peine 4 cm de marge en largeur et 1 m en longueur. »

Un intérieur épuré

Mais au fait : pourquoi une péniche et pas un autre type de bateau? «Avec les travaux que j’y ai faits, cette péniche a le confort d’un yacht, répond Yvon Henrot. Or un yacht de 38 mètres de long coûte plusieurs millions d’euros. Le calcul est vite fait. »

Il est vrai que l’ampleur de la transformation est vraiment colossale. «Il m’a fallu deux ans de travail pour y arriver, s’exclame Yvon, pas peu fier. À l’origine, cette péniche transportait du sable, du ciment ou du gravier. Il fallait la transformer en habitation. Tout était à faire. Je n’ai gardé que la coque. C’est la même quantité de travail que pour rénover une maison. »

Aujourd’hui, vue de l’extérieur, sa péniche présente un look en volume résolument contemporain. Idem pour l’intérieur, très surprenant par son architecture. «J’avais déjà visité un bateau sur deux niveaux et j’avais envie de faire quelque chose de semblable mais en plus moderne, plus design », détaille Yvon Henrot.

Le résultat : un vrai loft, digne de ceux que l’on peut voir dans les magazines. On découvre des lignes épurées. Contraste entre les meubles blancs et les murs noirs, dont les «baies » panoramiques s’ouvrent sur la Meuse. Au sol, un superbe plancher amène chaleur et style. Ce n’est pas tout…

«J’ai conçu ma péniche afin qu’elle puisse être autonome, que l’on puisse y vivre . J’ai installé une citerne de 18 tonnes d’eau potable, un groupe électrogène, un chargeur onduleur, des batteries, un chauffage central au mazout.»

Une capacité d’accueil de huit passagers

Restait un petit détail à régler. « Ma péniche s’est appelée Clara de 1924 à 1931, puis Clemar jusqu’en 1965 et enfin Farceur. Mais j’avais très envie de lui donner un nouveau nom. »

Ce sera «À l’Abordage! ». «Avec un point d’exclamation », insiste Yvon. Logique, puisqu’un drapeau noir flotte déjà au vent à la pointe de la péniche. «Ce drapeau est là pour faire plaisir à mes enfants, qui sont passionnés de pirates », sourit Yvon.

Nul doute que les futurs locataires de ce gîte pas comme les autres – il peut accueillir 8 passagers – y passeront également un week-end à rêver.

Location 8 personnes : 300 € par nuit; 450 € du vendredi au dimanche. Contact : Yvon Henrot, 0475 / 60 73 30.

www.alabordage.be