Le Paris des gueux

« La cloche, en argot, c’est le ciel. Sont clochards tous ceux qui n’ont que le ciel pour toit », écrit Robert Giraud dans le premier des neuf articles parus à l’automne 1956 dans l’hebdomadaire Qui ? Détective et réunis ici.

Né à Limoges en 1921, l’auteur du Vin des rues se fit, pour différents journaux, le chroniqueur fidèle d’un «Paris by Night que personne ne connaît s’il n’a endossé les loques des enfants de la mauvaise chance.»

Avec humanité et générosité, il met en scène l’infortuné Robespierre qui n’a retrouvé ni sa femme, ni son logis, ni ses papiers à son retour de captivité; Pépé, le voleur de chiens récupérés par leurs propriétaires contre une bonne récompense; ou le nouveau roi de la cloche, l’Amiral, polyglotte bon enfant qui, comme ses prédécesseurs, prête serment devant son «peuple» sous le Pont-Neuf.

Giraud promène son regard sur les bords de Seine où se réfugie le «peuple des berges» pour qui, après le vin, le fleuve qui «fuit, tenace et silencieux, vers la liberté» est l’autre «amour». Et il observe le légendaire et clandestin, marché aux mégots où se «retrouve une bonne partie de ce qui se fume dans les rues et les bistrots de tout Paris».

M.P.

Robert Giraud, «Le Peuple des berges», Le Dilettante, 125 p., 12 €.