Maîtriser les coûts, l’obsession

Maîtriser les coûts, l’obsession

L’OCDE estime que nous avons un trop grand nombre de pharmacies de taille trop modestes.

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Trop de médicaments et de pharmacies. Peu d’échanges d’infos entre hôpitaux. L’OCDE pointe nos failles qui alourdissent le budget santé de l’État.

1.On consomme trop de médicaments La Belgique a fait des efforts, pensez aux médicaments génériques, mais c’est trop peu selon la nouvelle étude économique de' l’OCDE sur la Belgique, publiée ce mardi. Que faire? Établir des statistiques rigoureuses qui mettront le doigt sur les pratiques de prescriptions injustifiées des médecins et réviser régulièrement les remboursements en fonction de leur efficacité. Ainsi, lorsqu’il existe un médicament avec un équivalent à bas coût, le remboursement devrait être fixé sur ce second.

2. On a trop de pharmacies Nous avons un plus grand nombre de pharmacies que la moyenne et ces officines sont de taille souvent trop modestes pour qu’elles soient efficaces. Pour l’OCDE, il faudrait en supprimer pour en créer de plus grande. Et donc libéraliser le secteur : les pharmacies devraient pouvoir se faire concurrence sur leur marge commerciale, actuellement réglementée, tout en gardant (tout de même) les plafonds actuels. L’OCDE imagine aussi que des médicaments sans ordonnance puissent être vendus ailleurs qu’en pharmacie. À quand l’aspirine vendue en épicerie?

3. On consulte des spécialistes sur un «coup de tête» Les dépenses laissées à la charge des patients belges sont déjà fort élevées. Il n’est guère possible de les alourdir plus, avoue l’OCDE. Mais il faudrait éviter que nous consultions directement des spécialistes, une pratique belge. Le médecin généraliste devrait d’avantage jouer un rôle de filtrage.

4. Nos radios ne nous suivent pas Les informations entre hôpitaux et prestataires de soins circulent peu et mal en Belgique. Cela conduit à des surcoûts (faire deux fois la même radiographie, par exemple). Une plate-forme unique des données d’un patient pourrait remédier à cela. Pour inciter les médecins à se coordonner, l’OCDE prône un paiement forfaitaire.

5. On a trop peu de possibilités de soins à domicile Les soins de longue durée coûtent très cher en Belgique parce qu’ils sont surtout pratiqués en maisons de soins. C’est particulièrement préoccupant étant donné le vieillissement de la population. Pour que ces soins restent «payables», l’OCDE conseille de donner aux patients une plus grande autonomie pour organiser leurs soins à domicile. Et de citer en exemple les pays nordiques qui ont mis en place un système de chèques pour des soins infirmiers et des aide-ménagères à domicile.

Chez nous, souvent, les besoins d’un patient sont évalués par ceux qui assureront ces soins. C’est une source de conflits d’intérêt, relève l’OCDE, et de surévaluation possible.

L’OCDE estime que la procédure d’évaluation gériatrique doit revue, corrigée et modernisée aux réalités et coûts actuels.