FOOTBALL

Anderlecht: «Pour un psychologue, c’est trop tard»

Anderlecht: «Pour un psychologue, c’est trop tard»

Dimanche, Mbokani a raté le 11e penalty (sur 17) anderlechtois toutes compétitions confondues. Belga

Psychologue du sport, Johan Desmadryl a travaillé à Anderlechtà l’époque de Frankie Vercauteren. Il analyse les problèmes mauves.

 

Johan Desmadryl, le plus gros problème d’Anderlecht, depuis le début des play-off, ne se situe-t-il pas dans la tête ?

En grande partie. Anderlecht se trouve actuellement dans la peau d’un étudiant qui a beaucoup et très bien travaillé pendant toute l’année mais qui, lorsque la session d’examens commence, perd tous ses moyens. La frustration des Bruxellois est compréhensible car ils ne sont pas récompensés de leurs efforts. Le Sporting, en tant que leader de la phase classique, est systématiquement la seule victime de la division des points par deux. Il est pris au piège de ce système des play-off car il est le seul club de Belgique à ne pas pouvoir se permettre de terminer deuxième ou troisième de la phase classique. Le Standard n’a au contraire rien foutu durant dix mois mais il répond présent pour les seuls examens de l’année qui comptent vraiment. Il faut insister ici sur le rôle de Jelle Van Damme, un vrai leader.

Les Anderlechtois n’en finissent plus d’encaisser les coups ces dernières semaines. N’est-ce pas trop tard pour espérer encore se relever ?

Tout reste possible pour les Mauves à condition de retrouver le plaisir à l’entraînement et d’enfin évacuer la pression qui les paralyse. Quels que soient les malheurs qui leur arrivent, on voit que les joueurs se battent jusqu’au bout à chaque match. C’est très positif. Mais ce n’est qu’en faisant bloc qu’ils parviendront à relever la tête. Actuellement, certains baissent trop vite la tête au moindre coup dur.

Dieumerci Mbokani était en pleurs dimanche au coup de sifflet final…

Quand un joueur est présenté comme le sauveur de l’équipe, comme celui qui doit gagner les play-off à lui seul, ce n’est jamais bon. Ni pour le joueur ni pour l’équipe.

Anderlecht n’aurait-il pas besoin d’un psychologue ?

À ce stade-ci de la compétition, c’est trop tard. Parachuter un psychologue au sein du groupe en pleine crise ôterait à l’entraîneur tout son crédit. Un psychologue est essentiel pour une équipe de haut niveau, mais il doit être présent dès le début de la saison. Il ne doit pas être le pompier de service. Son rôle doit avant tout être préventif. C’est de cette manière que nous travaillions avec Frankie Vercauteren lorsqu’Anderlecht a été champion deux fois d’affilée (2006 et 2007). On réglait les problèmes avant qu’ils n’arrivent. Concernant les penaltys, jamais nous n’aurions laissé dégénérer la situation comme aujourd’hui.

Comment les Mauves peuvent-ils espérer guérir ce traumatisme des penaltys ?

Il s’agit d’un problème mental et rien d’autre. Les joueurs ont beau dire qu’ils marquent tous leurs penaltys à l’entraînement, ça ne sert à rien car il n’y a pas la pression du match. Les tirs au but se travaillent aussi et avant tout psychologiquement. Il faut travailler individuellement avec les quelques joueurs susceptibles de devoir tirer en match. Il est très important que les joueurs reçoivent un entraînement mental. Il faut les aider à contrôler leurs émotions, écouter et leur donner des pensées efficaces. J’ai l’impression qu’à Anderlecht, on a sous-estimé l’importance des penaltys et de la visualisation à l’entraînement. Visualiser ne veut pas dire regarder des vidéos mais il s’agit d’une technique mentale qui consiste à se représenter la trajectoire que va prendre le ballon en faisant appel à son imaginaire. Un joueur de golf fait cela avant chaque frappe. L’idéal est de s’exercer à cela sur le terrain en compagnie d’un psychologue. Cela fait partie du sport de haut niveau. Si tu ne travailles pas cela, alors un penalty devient systématiquement une loterie. Ou pire dans le cas d’Anderlecht aujourd’hui.

John van den Brom est-il armé pour supporter la pression qui règne actuellement à Anderlecht ?

Je ne peux y répondre car je ne le connais pas mais c’est la question essentielle actuellement. Plus encore qu’un éventuel leader dans le groupe qui pourrait être Silvio Proto, John van den Brom va désormais devenir le personnage capital jusqu’au terme des play-off. Tous les regards du groupe vont se tourner vers lui. S’il montre qu’il contrôle ses émotions, qu’il garde la confiance et qu’il parvient à la transmettre au vestiaire, tous les espoirs resteront permis pour Anderlecht. Mais s’il dérape comme à Waregem ou qu’il reste abattu sur son banc comme après le penalty raté de Mbokani à Bruges, cela deviendra très difficile. Il doit utiliser le moindre élément positif pour regonfler le moral des troupes. En ce sens, la défaite de Zulte-Waregem au Standard est une aubaine pour lui. Même si, de son côté, Francky Dury ne manquera pas d’insister auprès de ses joueurs sur le fait qu’ils restent en tête.¦

Pro League

Classement
# MJ V D N B P
1 Union St-Gill. 17 12 4 1 43/18 37
2 Antwerp 16 9 4 3 29/18 30
3 FC Bruges 16 8 2 6 29/21 30
4 FC Malines 16 8 6 2 28/28 26
5 Charleroi 16 7 4 5 28/22 26
6 Anderlecht 16 6 3 7 31/22 25
7 La Gantoise 16 7 6 3 26/17 24
8 Eupen 16 6 6 4 26/24 22
9 Courtrai 16 5 4 7 20/19 22
10 KRC Genk 16 6 7 3 30/28 21
11 St-Trond 17 6 8 3 18/25 21
12 Standard 16 5 6 5 18/26 20
13 OH Louvain 16 4 4 8 22/26 20
14 FC Seraing 16 6 9 1 21/28 19
15 Ostende 16 5 9 2 19/35 17
16 Zulte-Waregem 16 4 7 5 25/35 17
17 Cercle Bruges 16 3 9 4 18/24 13
18 Beerschot 16 2 11 3 15/30 9
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