La SNCB en boni mais plus endettée

Le trafic voyageurs a augmenté de 0,9 % l’an dernier ; le trafic de marchandises, lui, a régressé

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Après trois annéesde vaches maigres, la SNCB a renoué avec le profit l’an dernier. Sa dette n’en a pas moins augmenté. Paradoxe?

Ce n’est pas le retour «aux années de gloire» (2005-2007), explique Michel Allé, mais la SNCB semble bien avoir laissé derrière elle ses années noires (2009-2011), précise le directeur financier de sa holding faîtière.

L’an dernier, le résultat opérationnel du groupe a progressé de 99,3 millions d’euros par rapport à 2011, ce qui lui a permis de renouer avec un boni sensiblement égal (86,7 millions) avec celui qu’il avait dégagé en 2008.

Pourtant, dans le même temps, sa dette globale a grimpé de 3,072 milliards à 3,797 milliards : cherchez l’erreur?

«C’est d’abord la résultante des conclaves budgétaires, qui ont obligé la SNCB et Infrabel, à financer des investissements en matériel roulant et en infrastructures à la place de l’État», détaille Jannie Haek, l’administrateur-délégué de la Holding. La facture s’est chiffrée à 438 millions.

Et puis un mécanisme comptable, ajoute Michel Allé, a obligé la SNCB à opérer des dépôts bancaires, en raison de la baisse des taux d’intérêt : de quoi alourdir son passif de 222 millions.

Cela n’efface pas les (bons) résultats enregistrés l’an dernier, avec une augmentation du chiffre d’affaires global du Groupe SNCB de 1,7 %, à 1603,4 millions d’euros.

Toutes les filiales ont concouru à cet essor, précise son responsable financier. À l’exception de SNCB-Logistics : si le trafic voyageurs domestique a augmenté de 0,9 % à 223,3 millions de voyageurs, le trafic marchandises, lui, a régressé de 11,7 %.

Mais le résultat de 2012 est aussi celui d’une maîtrise renforcée des coûts. De personnel tout d’abord : de 36 017 équivalents temps plein, on est passé l’an dernier à 35 290. C’est le plus petit nombre de cheminots depuis longtemps, «en dix ans, même si le mouvement n’est pas cyclique, on a réduit l’effectif de 10 %», concède Jannie Haek. La question (cf. ci-dessous) est de savoir si on en est désormais à l’os.

Mais c’est l’ensemble des coûts qui a subi un tour de vis.

Infrabel, ainsi, a renouvelé à la baisse des contrats échus de fourniture d’électricité. Ce qui ne gomme pas toutes les questions à ce propos (cf. ci-contre).

De la sorte, la «dotation d’exploitation par voyageur-km» s’est maintenue, comme en 2011, à 0,140 euro. «Ce montant, payé par le contribuable, était de 0,207 euro en 1999», rappelle Jannie Haek.

2013 confirmera-t-elle la tendance? D’autres conclaves budgétaires pèseront sur les finances de la SNCB. Mais les taux d’intérêt ne descendront plus guère, et ils permettent des emprunts plus qu’intéressants. «Et le premier trimestre est assez positif, tant en transports voyageurs que marchandises», explique Jannie Haek. L’administrateur-délégué de la Holding n’en tire aucun pronostic, «car un trimestre ne fait pas l’année». Mais un départ réussi est toujours bon à prendre…

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