Europe

Seule, l’Allemagne dans le vert

Seule, l’Allemagne dans le vert

Angela Merkel peut avoir le sourire : son pays est le seul à avoir bouclé l’exercice budgétaire sur un excédent. .

AFP

Le recul, en 2012, du déficit public dans la zone euro et dans l’Union Européenne masque des situations contrastées

Souvent désignée comme bouc émissaire, surtout dans le sud de l’Europe, l’Allemagne ne se contente pas de plaider la rigueur budgétaire : l’an dernier, c’est le seul État-membre de l’Union Européenne à avoir bouclé l’exercice budgétaire sur un excédent. Un excédent léger (4,09 milliards d’euros, 0,2 % de son Produit Intérieur Brut (PIB)), mais la performance n’en est pas moins là : la République fédérale a redressé la barre, après avoir été dans le rouge en 2009 (- 3,1 %), en 2010 (- 4,1 %) et en 2011 (- 0,8 %).

L’an dernier, le déficit public s’est globalement réduit tant dans la zone euro (de 4,2 à 3,7) que dans l’Europe des Vingt-Sept (de 4,4 à 4), communique Eurostat, l’organe européen de statistique.

Un milliard et demi

Mais la moyenne cache des situations contrastées : sur les Ving-Sept, treize États ont enregistré une amélioration de leur solde public; deux sont restés stables, et douze ont connu une détérioration de leurs finances en 2012.

C’est le cas de la Belgique, dont le déficit est passé, entre 2011 et 2012, de 13,777 à 14,852 milliards (de 3,7 à 3,9 % du PIB).

Cette aggravation d’un milliard et demi du solde négatif est due essentiellement à l’intervention de l’État en faveur du secteur bancaire, qui a coûté aux finances publiques près de 2,12 milliards d’euros. Les injections de capital, chez Dexia notamment, retenues au titre de déficit budgétaire, se sont montées l’an dernier à 2,915 milliards d’euros.

Le sud sous pression

Les pays du sud sont, sans surprise, le plus dans le «rouge» : les cures d’austérité sévère imposées à Chypre, à la Grèce, à l’Espagne, au Portugal, et à l’Italie, se sont partout traduites par un recul du Produit Intérieur Brut. Avec pour résultat que, même là où des efforts d’assainissement ont été entrepris, leurs résultats restent limités, voire négatifs en pourcentages du PIB.

Seule exception dans son concert, l’Italie, où les efforts d’austérité ont permis, entre 2011 et 2012, de réduire sensiblement le déficit en termes réels (de 60,016 à 47,633 milliards) et en termes relatifs (de 3,8 à 3 % du Produit Intérieur Brut).

Le Premier ministre, Mario Monti, n’en a pas moins payé l’addition dans les urnes cette année. Car plus que d’austérité, c’est de relance dont l’Europe a besoin, avancent de nombreux économistes. Sans parvenir à faire fléchir la chancelière allemande, Angela Merkel…

Nos dernières videos