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Concours Reine Élisabeth: gomme-t-on la diversité radio-télé?

Concours Reine Élisabeth: gomme-t-on la diversité radio-télé?

Saskia de Ville, Hadja Lahbib et Patrick Leterme, une nouvelle équipe en télé et… en radio !

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Depuis vendredi, une pétition circule sur le net. Elle stigmatise la couverture commune, radio et télé du Reine Élisabeth.

 

Musiq3 n’a pas l’habitude de la polémique. Pourtant, depuis vendredi soir, une pétition circule sur le net et accuse la RTBF de vouloir gommer, lors du concours Reine Élisabeth, la différence entre la radio et la télévision, au détriment des auditeurs de Musiq3. À l’origine de cette pétition, la décision de la RTBF d’avoir une seule couverture du concours pour tous ses médias. «Désormais, affirme l’initiateur de la pétition, Alexandre Wajnberg, un collaborateur de la RTBF, le produit télé va être diffusé partout en radio et sur le web. Pour le téléspectateur c’est un plus mais dans l’absolu c’est une diminution de l’offre. Et les auditeurs de Musiq3 auront un programme télé, plus grand public et moins adapté à la radio de musique classique!»

De plus, estime encore Alexandre Wajnberg, «c’est aussi philosophiquement terrifiant. C’est un précédent en matière d’économie. De cette manière, on peut virer tout le monde!»

Des propos et une pétition qui font vivement réagir le directeur de Musiq3, Benoît Jacques de Dixmude. «C’est tout le contraire qui se passe, nous explique-t-il, d’abord, jusqu’aux demi-finales, il n’y a pas de direct TV, seule les finales sont concernées. Dès 2011, nous avions associé Saskia de Ville et Patrick Leterme, deux jeunes animateurs de Musiq3 au concours. L’année dernière, avec Nicolas Blanmont s’est reposé la question de faire appel aux talents de Musiq3. Il savait que la question circulait. Cette année, j’ai trouvé que le moment était venu d’impliquer Musiq3 dans les finales. Comme Corinne Boulangier devenait directrice de la Première et ne pouvait plus assumer la présentation, nous avons demandé à Hadja Lahbib de le faire avec Patrick Leterme et Saskia de Ville dans les coulisses. C’est donc Musiq3 qui investit la télé et non le contraire… C’est aussi, de la part de la direction de la RTBF, mettre les compétences de Musiq3 en avant dans le cadre du Reine Élisabeth. Je tiens aussi à faire remarquer que ce sont également des techniciens de la radio qui assureront les captations sons, pour les finales aussi!»

Mais Benoît Jacques de Dixmude le reconnaît, cette mise en commun des moyens permet de faire des économies dans une entreprise où désormais quand trois personnes s’en vont, une seule est remplacée. Et dans un monde radiophonique en pleine mutation. «Mais, il n’est absolument pas question de toucher à l’emploi. Et la seule personne qui ait été virée du Reine Élisabeth est Nicolas Blanmont qui était un collaborateur extérieur et qui a été informé en temps utile. Dire le contraire c’est de la manipulation pour faire peur aux gens.»

Enfin, le directeur de Musiq3 insiste, la nouvelle organisation sera tout bénéfice. «En mettant nos moyens en commun, nous pouvons faire venir des spécialistes, offrir des reportages et des analyses dont tout le monde profitera, en télé mais aussi en radio ou sur le net.»