MUSIQUE - SESSION ACOUSTIQUE

Live buzz avec Ozark Henry : toujours classe, entre pop et romantisme

Piet Goddaer, alias Ozark Henry, a écrit et enregistré son 7e album studio en quatre mois à peine. Mais «Stay Gold» est un grand disque.

«Stay gold.» (NDLR : «Rester de l’or»). À première vue, cette phrase peut paraître prétentieuse. Mais pas quand on s’appelle Ozark Henry, et que l’on a pour habitude de livrer des albums soignés, dont la qualité est reconnue par tous. Trois ans après Hvelreki (disque de platine, 30.000 exemplaires vendus en Belgique), Piet Goddaer avait besoin de nouveaux défis. De nouveaux horizons aussi. Alors il a fait sienne cette maxime puisée dans The Outsiders, roman de Susan Eloise Hinton sorti à la fin des années 60, devenu un film signé Coppola en 1983.

Écoutez Outpatient, premier titre de cette session acoustique, dans notre première vidéo ci-dessus.

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Le résultat est brillant comme le métal jaune. Mais pas tape-à-l’œil. Après un début assez pop – notamment le single I’m your Sacrifice – l’album se dirige vers plus de mélancolie, de douceur et d’introspection. Une nouvelle pépite dans la galaxie Ozark Henry, un hymne serein à la vie, chanté quasi intégralement en duo avec la chanteuse et actrice flamande Amaryllis Uitterlinden. Rencontre à Bruxelles et session acoustique.

- I’m your Sacrifice :
 


Sur l’album précédent, vous aviez travaillé avec d’autres musiciens et collaboré avec le producteur Youth. Ici, vous avez tout fait tout seul…

Oui, c’était de cette façon plus facile de garder mon identité musicale. J’ai pris beaucoup de plaisir. Mais c’était aussi le cas auparavant quand j’ai travaillé avec d’autres. Mais ici, je trouve le résultat plus authentique, plus personnel…

Vous aviez également alimenté l’album par des voyages. Ce n’est donc plus le cas cette fois-ci…

Non ! Je suis père d’un fils de trois ans et d’une fille de quatre mois, donc ce n’est pas possible…

Mais vous habitez maintenant Oostduinkerke. La Côte, c’est un peu le voyage…

C’est une ville que je connais depuis que je suis tout petit. Mon père y habite et j’aime bien m’y retrouver. Et quand je rentre chez moi, j’ai l’impression d’être en vacances.

Il y a la mer aussi, qui est importante dans votre création…

C’est vrai que c’est une référence. Elle est toujours là et représente le mystère de la vie, la mort, la puissance, l’énergie, la nature… Des éléments qui font mon univers musical.

L’album s’ouvre sur « Deep », qui se termine comme une incantation…

J’aime bien utiliser l’élément « transe » dans la musique, mettre quelque chose d’hypnotique, avec des répétitions. Cela ouvre l’inconscient. Cela aide à s’échapper dans une réalité parallèle.

Ensuite viens le single, très pop, « I’m your sacrifice ». C’est un tube en puissance. C’est quelque chose à laquelle vous pensez quand vous écrivez ?

Non, pour moi, une chanson qui est bien, c’est un tube. Pour moi, il y a donc dix tubes sur l’album (sourire).

Cela rejoint le titre de l’album : « Stay Gold ». Atteindre le meilleur…

En tout cas faire ce que l’on peut pour y arriver. Mais attention, ce n’est pas une compétition. On respecte les autres, le monde et la musique… Ce « stay gold » était la phrase exacte pour ce que je voulais dire.
 

 

Pourquoi avoir choisi de partager le chant avec Amaryllis Uitterlinden ?

Je la connais depuis dix ans. Quand j’ai écrit l’album, je voyais les chansons pop comme des dialogues avec deux voix. Amaryllis avait les qualités que je cherchais.

Dans la chanson « It was a queer sultry summer », vous évoquez le couple Rosenberg (NDLR : Juifs communistes arrêtés pour espionnage au profit de l’URSS et exécutés en 1953). Pourquoi ?

Parce que la chanson parle des gens qui ont perdu leur vie à cause de leurs idéaux. Ils n’ont fait de mal à personne, mais la démocratie a trouvé que c’était mal. On a voulu donner un exemple et tuer une idéologie. C’est scandaleux.
 

Écoutez Wekenders dans notre dernière vidéo ci-dessous :
 

 

Quand on écoute votre musique, on n’a pas toujours conscience qu’il y a cette réflexion…

Mais quelque part avec ma musique, je me sens proche des Rosenberg. J’essaye de créer un monde plus beau, un monde parallèle où l’on peut s’échapper quand on veut et se sentir bien. Un monde esthétique où il n’y a pas de compétition. Mais aussi un monde très réaliste, où la vie existe parce que la mort est là…

J’allais justement y venir. La mort, elle est très présente sur cet album…

Oui, car c’est elle qui donne de la valeur à la vie et qui souligne l’intensité de la vie. Cela vaut la peine d’être plus humain, plus positif. Etre frustré, c’est perdre de l’énergie. Le temps passe vite et la vie aussi. J’ai voulu souligner la valeur de la vie en parlant de la mort.

C’est un discours utopiste dans ces moments de crise, non ?

La crise est difficile si on est matérialiste. Mais pour moi, on ne doit pas spécialement posséder des choses pour avoir une bonne vie. Quand j’ai commencé la musique, je vivais dans une maison sans chauffage. Je ne me suis jamais senti pauvre, car j’aimais bien ce que je faisais. Et j’avais mes rêves en tête. Après deux ans, j’ai pu m’acheter un chauffage. J’étais évidemment heureux. Mais je n’étais pas malheureux avant. La vie est trop courte pour faire des efforts à posséder des choses.

Ozar Henry, «Stay Gold», EMI. Aussi en version limitée (1600 ex.) «box set edition» 2 CD, avec un carnet numéroté et signé. 

Ozark Henry sera l'invité de «Made in Belgium» sur Nostalgie le lundi 6 mai, à 16h30.

Ozark Henry sur internet.

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