Politique

Demotte : « Les ministres tirent trop la couverture à eux »

Demotte : « Les ministres tirent trop la couverture à eux »

Rudy Demotte demande clairement à ses ministres de dépasser les positionnements idéologiques.

Belga

Réforme de l’État, réforme du Cwatupe, diversification énergétique, etc... Rudy Demotte (PS), ministre président de la Région Wallonne, appelle les membres du gouvernement wallon à ne plus la jouer perso pour se concentrer sur l’essentiel.

Rudy Demotte, vous êtes ministre-président de la Région wallonne. L’Olivier (coalition PS-cdH-Ecolo) a été malmené ces dernières semaines. Les tensions internes sont récurrentes. Beaucoup le disent à bout de souffle.

La justification de ces critiques trouve ses racines dans la situation que nous vivons actuellement sur le plan économique. C’est la pire crise depuis 20 ans, au moins. Et ça impose des choix idéologiques beaucoup plus difficiles. Et dans une triangulation ! À trois c’est plus difficile que quand il y a davantage de partis autour de la table… et plus aussi que quand il y en a moins. Simplement parce que quand deux partis se mettent d’accord, le troisième a l’impression d’être mis de côté. Mais on connaît ça depuis le début. Au temps du gouvernement Arc-en-ciel, j’ai aussi lu le même type de critiques.

On a tout e même l’impression qu’une fois qu’une polémique s’éteint, une nouvelle arrive. Certains ont-ils, à l’intérieur de l’Olivier, intérêt à ce que ça ne se passe pas bien ? Le gouvernement est toujours à flux tendus…

C’est vrai, c’est à flux tendus. Ce feu qui prend parfois est dû au vent de la crise qui souffle sur les braises des différences. Et c’est ce vent de la crise qui doit nous préoccuper. La difficulté c’est que dans ce gouvernement, on veut trop tirer la couverture à soi d’un côté ou de l’autre.

Ce n’est pas usant ?

C’est propre au système à la belge. Mais dans ce contexte de crise est-ce encore concevable ? Je dois dire qu’il serait utile que chacun morde sur sa chique et se dise que l’essentiel actuellement n’est pas dans un positionnement politique par rapport à l’électorat.

Vous n’avez pas peur, justement, que la perspective des élections de 2014 accentue la méfiance entre partenaires ?

On pourrait aboutir au contraire. Les attentes des entreprises et des Wallons sont grandes. Je ne pense pas que les partis politiques qui feraient le calcul de l’inertie sortiraient gagnants…¦

Est-ce que le problème ne vient pas non plus d’une mauvaise communication ? La sortie de Jean-Marc Nollet sur l’électricité gratuite, par exemple, ou la mauvaise communication dans le dossier photovoltaïque, ça ne donne pas une image terrible de l’efficacité du gouvernement…

Oui, clairement, il y a eu des couacs de communication, des annonces qui ont rendu plus compliquées les décisions politiques.

C’est quoi, un manque de loyauté ?

Je ne pense pas. C’est de l’anticipation. Mais on ne fait pas de la politique en lançant des idées dont la nature peut faire l’objet de polémique si on n’a pas pris la précaution préalable d’avoir la garantie d’un consensus interne. La mauvaise communication n’a pas été mal intentionnée. Plutôt maladroite.

Ça vous a mis en pétard les dérapages sur le photovoltaïque ?

Prodigieusement. On était proche d’accords. Et on a perdu du temps. Or ça c’est tout sauf ce dont nous avons besoin.¦

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