N'ayez pas peur du jazz ni de la musique arabe: cette galette se déguste comme une sucrerie orientale qui aurait croisé un marshmallow.

Après la trilogie Diaspora, Diachronism et Diagnostoc (aujourd’hui rééditée en un seul coffret), Ibrahim Maalouf ouvre ce qu’il appelle une «parenthèse» dans son parcours : si les trois albums précités font la part belle à la musique électrique et à l’énergie rock, à la fusion, Wind est ouvertement un hommage, une référence à Miles Davis, une des grandes inspirations d’Ibrahim Maalouf. Il y a la forme d’abord, celle du quintet de Miles Davis en version acoustique (le trompettiste s’entoure de vraies pointures du jazz américain comme Mark Turner, Larry Grenadier et Clarence Penn), la respiration, l’espace laissé au silence, la sonorité veloutée de la trompette enrichie de ce fameux quart de ton aux inflexions orientales. On y retrouve aussi l’esprit de Miles dans les tempos lents alors que des pièces comme Excitement, Sensuality ou Questions and Answers offrent des rythmes plus carrés et souples à la fois, d’une intrigante beauté. Une musique qui fait l’unanimité sur l’originalité et l’énorme talent d’un artiste qui jette des ponts entre les cultures. Un tout grand disque.

J-P.G.

Harmonia Mundi