Batelier, un métier « invivable »

Tenir la barre d'un bateau marchandise est loin d'être un long fleuve tranquille... heymans

Le secteur des transports par voies navigables en Europe pourrait bientôt couler… Pascal Roland, président de l’association de la batellerie belge Ons Recht/Notre Droit, à l’initiative de la manifestation, détaille ces « failles » qui font que le métier devient « invivable ».

1. Rémunération

Depuis 2008, le prix du transport fluvial s’est effondré de 50 à 60 % et ne couvre plus les charges des entreprises de batellerie. Beaucoup sont contraintes de travailler à perte.

2. Normes impayables

Les bateliers sont aussi les victimes d’une réglementation européenne de mise des péniches les plus anciennes aux nouvelles normes techniques. La plupart datent des années 60/70 et leur mise en conformité se révèle très coûteuse. «Certains bateaux datant des années 20' doivent eux aussi être mis aux normes de 2013. Certains détails de cette réglementation n’ont parfois pas de sens ».

3. Dumping social

L’Europe de l’Est mais aussi les Pays-Bas font de l’ombre dans le secteur. Les pays au sein de l’Union ne taxent pas le secteur de manière identique. Ainsi au Pays-Bas, le salaire d’un équipage est 50 % en dessous des prix belges.

4. Concurrence déloyale

Aux Pays-Bas, le gouvernement a dû débloquer d’importantes sommes pour venir en aide à sa flotte nationale, ce qui a entraîné un effondrement des prix et une concurrence déloyale, que les bateliers belges disent subir de plein fouet .

5. Europe à la rescousse

L’Europe est ainsi appelée à la rescousse. «Il est nécessaire de créer des conditions de transport uniformisées sur tout le réseau des voies de navigation européen. » L’association Ons Recht/Notre Droit demande une révision de la législation sur le transport et le contrôle technique des bateaux ainsi qu’une l’harmonisation fiscale.

S.L.