CONSOMMATION

Pénurie d’autruche dans nos assiettes

Pénurie d’autruche dans nos assiettes

En juin, si les évaluations sanitaires sont positives, l’autruche d’Afrique du Sud fera son retour chez nous.

Alessio Orrù - Fotolia

Depuis deux ans,l’importation de viande d’autruche est interdite chez nous. C’est la pénurie dans les restos et grandes surfaces.

Ne cherchez plus à manger de l’autruche chez nous. La viande n’est plus à la carte des restos, ni dans les rayons des supermarchés. On peut même parler de pénurie… Et pour cause. Depuis deux ans, l’Union Européenne a imposé un embargo sur les importations de viande d’autruches et dérivés (œufs, peau, plumes…) en provenance d’Afrique du Sud.

«L’Afrique du Sud est le principal pays importateur de viandes d’autruche en Europe qui absorbe 90 % de la production , précise l’Afsca, Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire. On y a découvert plusieurs foyers de grippes aviaires. En 2012, des foyers étaient encore décelés. Les conditions sanitaires ne sont pas encore réunies pour une levée de l’embargo.»

Comeos, la fédération belge du commerce et des services, et les centrales d’achat dans le secteur Horeca confirment. La pénurie de viande d’autruche est désormais bien installée. «Les restaurateurs l’ont retirée de leur carte. À la place, certains se sont rabattus sur d’autres viandes exotiques, comme le kangourou  », explique-t-on chez ISPC, grossiste Horeca.

Pour les sociétés d’import-export spécialisées en viandes exotiques, ce «blocus  » d’autruche représente un sérieux manque à gagner. C’est le cas chez Raverco qui s’était spécialisée dans le stockage et l’exportation de viande d’autruche et qui aujourd’hui doit concentrer ses activités sur d’autres produits : élan, antilope, zèbre… «On a perdu une grande partie de notre chiffre d’affaires , regrette la société. On continue toutefois à vendre de l’autruche précuite, seul produit encore autorisé  ».

Aujourd’hui, le seul moyen de cuisiner un steak d’oiseau coureur, c’est d’aller se fournir chez nos éleveurs locaux. Lancées par centaines dans les années 90’, les autrucheries ne sont plus qu’une petite poignée en Belgique.

L’embargo est-il dès lors une aubaine pour ces éleveurs? Pas vraiment… «Nous sommes des éleveurs artisans producteurs, indique Réginald Michiels de l’Autrucherie du Pont d’Amour, à Dinant. Avec mes 150 à 200 bêtes abattues par an, nous n’avons pas la capacité d’intégrer la grande distribution  ».

Réginald a certes récupéré quelques «clients  » restaurateurs sur ces deux années de blocus. Mais il ne se fait pas d’illusion : «Ils retourneront vers l’autruche africaine dès qu’elle reviendra dans les assiettes européennes».

Viande «santé  »

En juin, de nouveaux contrôles sanitaires seront effectués en Afrique du Sud. Les acteurs belges du secteur espèrent des résultats positifs. Car même si l’autruche ne représente qu’une consommation anecdotique en Belgique (sans comparaison avec les marchés français et allemands), l’oiseau coureur reste chez nous un produit prisé dans la cuisine gastronomique. Mais aussi par les particuliers, pour ses aspects santé. « C’est une viande «rouge  » mais avec les avantages de la volaille : très pauvre en cholestérol, riche en protéines. C’est aussi une des rares viandes totalement exempte d’antibiotique  », conclut Réginald Michiels.