Gabriel Ringlet voulait une femme, une poétesse. Pas pour le principe, assure-t-il. Mais tout de même. La quête fut longue.

Les courriers envoyés aux congrégations féminines nombreux. Rien. Les moniales qui éventuellement écrivaient ne répondaient pas aux critères : être de véritables poètes (ses) (et pas des liturgistes recopiant la Bible) et avoir publié leur œuvre. Ringlet n’en trouva qu’une au détour au milieu de grimoires divers, rangés sur une étagère d’une librairie du sud de la France. Elle signe : la moniale. Elle se nomme : Catherine-Marie de la Trinité. Elle est l’une des descendantes d’Antoine de Saint-Exupéry. Elle écrit cette béatitude de l’insécurité : « Heureux qui a le vertige – il se jette en Dieu. »

Mais pourquoi les moniales sont-elles si rares à faire vibrer leur plume par rapport aux moines? Jean-Yves Quellec, moine de Clerlande, qui figure parmi les sept poètes présentés par Gabriel Ringlet, explique : «Les moniales ont été longtemps sous tutelle. Il faut oser un climat de liberté pour oser écrire. Les moniales sont occupées s’émanciper. Ça va venir. »

C.Ern.

Nos dernières videos