« Qu’on me rende mon argent ! »

«Européenne» autoproclamée, la Dame de fer a mis cinq ans pour réduire la contribution du Royaume-Uni à l’Union.

L’adhésion (en 1973) du Royaume-Uni à la Communauté Économique Européenne (CEE), l’ancêtre de l’Union, a été «une bonne chose pour l’Europe et la Grande-Bretagne» avait dit Margaret Thatcher au chancelier allemand, Helmut Schmidt, à Londres, en mai 1979. À Dublin, quatre mois plus tard, le ton change : «I want my money back!», «Je veux qu’on me rende mon argent!» lance la «Dame de fer», après l’échec d’un sommet des… neuf chefs d’État et de gouvernement de la CEE. La formule est entrée dans l’Histoire européenne.

On admet aujourd’hui que la contribution britannique au budget européen était trop élevée : le Royaume-Uni, qui avait espéré doper son économie en entrant dans un «grand marché», avait découvert que l’Europe finançait surtout la Politique Agricole Commune (PAC), favorable à la France.

Le président français, Valéry Giscard d’Estaing, et Helmut Schmidt pensaient pourtant ne faire qu’une bouchée de la nouvelle venue : «Maggie» tiendra tête à l’Europe entière pendant cinq ans, dénonçant des accords conclus à Bruxelles, le 31 mai 1980, puis à Maastricht, en mars 1981, avant que leur encre soit sèche.

Élu en mai 1981, François Mitterrand, excédé, posera la question de «la présence ou de la nature de la présence de la Grande-Bretagne dans la Communauté». Mais Margaret Thatcher est incontournable : le 9 juin 1983, elle obtient au parti conservateur sa plus forte majorité aux Communes depuis la Seconde Guerre mondiale.

Finalement, c’est à Fontainebleau, le 26 juin 1984, que le compromis est trouvé : le Royaume-Uni obtient une compensation d’environ 1 milliard d’euros pendant cinq ans, révisable à la hausse en fonction de sa contribution.

Le mécanisme perdure aujourd’hui.

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