Allergies printanières

Allergies: du miel local pour se désensibiliser

Allergies: du miel local pour se désensibiliser

Les produits de la ruche, combinés ou non aux huiles essentielles, sont utilisés par des médecins et des labos.

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La remontée du mercure attendue fera exploser les bourgeons et virevolter les pollens. Apitéhrapie et huiles essentielles préviennent et aident.

 

C’est à la fois préventif et curatif. De récentes études menées par un allergologue français, le Dr Nonotte-Varly, démontrent que la consommation de miels locaux durant l’automne et l’hiver désensibilise les patients souffrant d’allergies aux pollens. « C’est la consommation régulière de très faibles doses de pollens anémophiles, amenés par le vent dans la ruche et qui se lient au miel, qui provoque cette désensibilisation. On a notamment pu le démontrer pour le plantain et une dizaine d’autres végétaux», explique le Dr Albert Becker de l’Association francophone d’apithérapie qui tiendra un congrès les 13 et 14 avril, à Lille.

Ce médecin allopathe français utilise des produits de la ruche en complément de traitements de maladies lourdes. Notamment la propolis, cette cire-résine entourant les bourgeons du bouleau, du peuplier et du châtaignier. « On l’utilise pour traiter les escarres. On retrouve 500 caractères biologiques différents dans le miel. On sait que pour les maux de gorge, la gingivite ou l’herpès buccale, la propolis est largement utilisée. Certains apiculteurs soignent à leur façon, on souhaite rationaliser tout cela . La difficulté de l’apithérapie est de trouver des produits normatifs.»

Dimitri Dumont est apiculteur à Jumet et fournit de nombreux produits dérivés de ses ruchers. Il s’est lui-même désensibilisé aux grains libérés par les graminées et bourgeons. « Le principe est de consommer directement du pollen. Mais d’abord, on demande l’avis de son médecin. On commence par un grain par jour, et puis progressivement on passe à 2-3 unités pour terminer par une cuillère à soupe quotidienne en espérant une désensibilisation. Pour ma part, cela a très bien fonctionné».

Dans nos pharmacies, des laboratoires fournissent des solutions intéressantes à plus d’un titre. Elles associent avec bonheur apithérapie et aromathérapie.

« On propose une formule à base de venin d’abeille hautement dilué. Elle désensibilise à toute réaction allergique; de la piqûre d’insecte à l’allergie au pollen», témoigne Julian Lhoir, pharmacien chez Alanine Laboratory. L’huile de périlla extraite d’une plante asiatique, à avaler sous forme de capsules végétale cette fois, est également efficace contre la multisensibilité. « J’étais allergique au pollen de saules qui provoquait chez moi une réaction en bouche. L’inflammation des gencives, c’est désormais du passé. Comme mon rhume des foins, par ailleurs.»

Au départ d’une prise de sang chez votre médecin généraliste, on établira votre terrain allergogène. Mais prévenir un mois avant est essentiel : le traitement ne doit pas attendre le pic de concentration dans l’air. Idéalement, on le débute en janvier.

« Notre laboratoire propose aussi un mélange d’huiles essentielles de tanésie annuelle et d’estragon, excellent anti inflammatoire et antihistaminique. L’important reste aussi de drainer simultanément le foie avec la livèche aussi appelé céleri perpétuel.»

Aucune formation en apithérapie ne mène à un diplôme officiel. Les organismes regroupant les associations offrent souvent des ateliers; des praticiens transmettent là leur savoir acquis sur le terrain.

www.apitherapie-francophone.org

Dimitri Dumont : 071 34 28 43