Van de Velde, de la peinture à l’architecture moderne

Google et François Schuiten rendaient hommage hier à Henry van de Velde, pionnier de l’Art nouveau et de l’architecture moderne.

Il est moins connu que Victor Horta. Et pourtant Henry van de Velde, né le 3 avril 1863 à Anvers, est considéré comme un fondateur de la tendance Art nouveau, et un pionnier de l’architecture moderne. Peintre, puis architecte et décorateur d’intérieur, van de Velde fut adepte de «l’œuvre d’art absolue». L’hommage rendu rien par Google pour le 150e anniversaire de sa mort témoigne de l’éclectisme de cet homme qui a maîtrisé, durant sa carrière, de multiples expressions de son art.

Illustré par Google

Le célèbre moteur de recherche internet a pris l’habitude d’illustrer de grands personnages ou événements dans la représentation de son nom. Ainsi, (voir illustration ci-dessus), le premier «G» de Google figure sur un tableau de style pointilliste, mouvement (avec le néo-impressionnisme) dont van de Velde était adepte en 1889, quand il devint membre du groupe des XX à Bruxelles.

Van de Velde avait étudié la peinture à l’Académie d’Anvers, puis chez Carolus-Duran à Paris. Mais en 1892, il abandonne cette forme d’expression pour se tourner vers l’architecture et la décoration : ferronnerie d’art, porcelaine et argenterie, mode, tapis et tissus. Sa maison, la Bloemenwerf à Uccle, s’inspire du Arts and Crafts, l’équivalent anglais de l’Art nouveau. Le premier «O» du nom Google évoque cette œuvre graphique qui l’amena parmi les figures de proue du mouvement.

Design industriel

Le deuxième «O» renvoie au mobilier et autres objets nés de son imagination tandis que le second «G» fait revivre l’architecte qu’il fut et ses principaux projets tels que le Théâtre des Champs Élysées à Paris. Van de Velde fut un des premiers architectes et concepteurs de mobilier à développer un style abstrait à partir de lignes courbes, annonçant le design industriel. Ce plan trouve sa suite dans le «L», qui figure la célèbre tour de la bibliothèque de Gand (Boekentoren) dessinée par van de Velde dans les années 30.

Plus sibyllin, le «E» final ouvre sur un horizon encore inconnu, la relève de l’artiste. On pense évidemment au dessinateur François Schuiten, auteur de ce très bel hommage à l’œuvre qu’il admire.

Déjà en 2003, Schuiten, lui-même fils d’architecte, avait signé une série de timbres consacrée à van de Velde.

Exil en Suisse

Mais l’art de ce dernier ne se limite pas à la Belgique. Au changement de siècle, Van de Velde a dessiné nombre d’édifices en Allemagne, dont le musée Folkwang à Hagen. Durant la Première Guerre mondiale, il a aussi séjourné aux Pays-Bas et en Suisse, où il mourra en 1957.

Accusé de collaboration après la Seconde Guerre mondiale (accusation qui n’a jamais abouti à un procès), c’est dans ce pays qu’il avait choisi l’exil volontaire, à Oberärgeri, où il rédigea ses mémoires.