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Affaire Cahuzac : Claude Guéant pense que le pouvoir actuel était informé

Affaire Cahuzac : Claude Guéant pense que le pouvoir actuel était informé

L’ancien ministre de l’Intérieur pense que le pouvoir actuel savait pour Jérôme Cahuzac.

AFP

Claude Guéant, ancien ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy, a estimé mardi que le pouvoir actuel était probablement informé de la réalité des accusations portées contre son ministre du Budget Jérôme Cahuzac avant les aveux publics que ce dernier vient de faire.

Invité de l’émission «Mardi politique» sur Radio France Internationale (RFI), M. Guéant a déclaré qu’il avait «du mal à (s’)expliquer, quand même, comment le pouvoir ne savait pas du tout» ce qu’il en était de la situation de M. Cahuzac.

«À un moment, le pouvoir a dû savoir. Ça me semble évident, la question est de savoir quand, évidemment, mais il a dû savoir», a insisté M. Guéant.

M. Cahuzac, qui a démissionné de son poste le 19 mars après l’ouverture d’une information judiciaire, a été inculpé mardi pour blanchiment de fraude fiscale.

Il a déclaré avoir menti aux plus hautes autorités de l’État, dont le président François Hollande, en niant avoir détenu un compte bancaire à l’étranger non déclaré.

Ces révélations ont provoqué un séisme politique en France.

«J’ai été ministre pendant un peu plus d’un an, je sais que j’ai fait l’objet de comptes rendus de mon patrimoine, à la rentrée et à la sortie», a déclaré M. Guéant, qui fut ministre de l’Intérieur de février 2011 à mai 2012.

Il a indiqué que pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, «des enquêtes plus approfondies» qu’une simple déclaration de patrimoine avaient été menées sur certains ministres, «pour être sûr» de leur situation et «éviter le moindre risque».

La question de savoir si oui ou non les responsables politiques, particulièrement le président Hollande et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, étaient informés de la réalité de la situation de M. Cahuzac avant mardi a été au centre des réactions aussitôt après les aveux de l’ancien ministre.

«J’ai du mal à imaginer que Hollande et Ayrault n’aient pas été au courant», a ainsi déclaré Christian Jacob, chef de file de l’UMP (opposition) à l’Assemblée nationale.

«Où s’arrête la chaîne du mensonge? Qui savait et qui n’a rien dit?», s’est interrogé le leader du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon.

«Bien sûr que Hollande savait», a lancé Florian Philippot, vice-président du parti d’extrême droite Front national.

«Je ne savais rien», a affirmé dans la soirée M. Ayrault sur la chaîne de télévision publique France 2.

Et l’entourage du président a assuré que M. Cahuzac avait nié de bout en bout avoir détenu un compte bancaire à l’étranger, y compris «les yeux dans les yeux face» à François Hollande.

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