CYCLISME

Quand le Tour des Flandres se transforme en calvaire climatique

Quand le Tour des Flandres se transforme en calvaire climatique

Eric Vanderaerden en 1985, année de sa victoire au Tour des Flandres. Reporters

Encore incertaines en début de week-end, les (mauvaises) conditions climatiques risquent d’influencer le Tour des Flandres qui se déroulera ce dimanche. Un facteur à ne pas négliger, comme en attestent ces victoires devenues mythiques.

Encore dans tous les esprits, la neige du dernier Milan - San Remo a sans doute participé, en partie, à la victoire finale de l’Allemand Gérald Ciolek. Si bien qu’à la veille du départ du Ronde, quelques observateurs s’inquiètent autant de la météo prévue ce dimanche que de la forme des coureurs.

Le vent rendra-t-il le froid encore plus piquant ? Le gel matinal sera-t-il bien présent ? La pluie va-t-elle faire son apparition et rendre les pavés glissants ? Autant de questions que le «Centre Tour des Flandres» (CRVV), situé à Audenarde, se pose par exemple. C’est que les forces vives du musée réservé à l’histoire du Ronde savent à quel point la météo peut jouer sur la victoire finale.

«C’est bien connu : si le Tour des Flandres et Paris-Roubaix sont aussi souvent décrits comme des courses compliquées, c’est en partie à cause de la météo à laquelle elles sont associées, concède la porte-parole du CRVV. Pour un bon Ronde, il faut de la pluie et du vent.» Des conditions climatiques exécrables qui ont rendu célèbres, voire mythiques, les succès d’Eddy Merckx ou encore Edwig Vanhooydonck.

Fiorenzo Magni (1951)

Mort en 2012, Fiorenzo Magni restera à tout jamais le «Lion des Flandres» pour les amateurs de cyclisme. Triple vainqueur d’affilée du Ronde, l’Italien est également entré dans la légende après avoir franchi en premier la ligne d’arrivée d’un des Tour des Flandres les plus difficiles. «Les bourrasques de vent, les averses de pluie, rien ne lui a été épargné en 1951.» Derrière, Briek Schotte, à l’arrêt suite à une crevaison, aurait eu les doigts tellement gelés qu’il n’avait pas réussi à changer son pneu.

Eddy Merckx (1969)

«En 1969, Eddy Merckx a sans doute réalisé l’un des plus beaux exploits du Ronde, confesse la porte-parole du CRVV. Si mes souvenirs sont bons, il est parti à près de 70 kilomètres de l’arrivée avant de s’imposer. C’était un pari fou, surtout que la pluie était continue et qu’il devait faire face au vent.» Un enfer que le «Cannibale» terminera avec 5 minutes d’avance sur son premier poursuivant.

Eric Vanderaerden (1985)

Eric Vanderaerden peut remercier la pluie qui lui a sans doute offert la victoire en 1985. Victime d’une crevaison à 2 kilomètres du pied du Koppenberg, le septuple champion de Belgique a notamment bénéficié des intempéries et du froid pour remonter tout le peloton - qui ne se limitera qu’à une vingtaine de coureurs au final - dans une bosse que la gadoue avait envahie par endroits. Comme Eric Vanderaerden le dira justement après sa victoire à l’arrivée, «le Tour des Flandres ne serait pas le Tour des Flandres sans ces intempéries typiques. Elles colorent les performances, accentuent les rapports de force entre les coureurs.»

Edwig Van Hooydonck (1989)

Deux ans après que le Danois Jesper Skibby a failli être écrasé par une voiture officielle, Edwig Van Hooydonck s’imposait au terme d’une course mouvementée et... mouillée. «La pluie s’abattait sur les coureurs et rendait parfois leurs visages difficiles à reconnaître à cause de la boue.»