Les dessous de l’infidélité féminine

Les femmes sont de plus en plus infidèles. Un mal utile? Le sujet est tabou, le point de vue d’Isabelle Tilmant à contre-courant.

Elle s’ennuie dans sa merveilleuse vie, avec ses enfants magnifiques et son mari idéal. Elle rencontre des hommes sur internet qui deviennent ses amants quelques heures. L’inavouable, l’inquiétante, la troublante infidélité des femmes. Sujet tabou.

Les femmes sont de plus en plus infidèles. C’est l’une des conséquences de l’égalité des genres. La contraception a tout transformé. La fidélité a toujours été primordiale pour garantir la paternité des hommes. Hommes et femmes sont désormais beaucoup plus sur pied d’égalité.

L’infidélité des femmes serait ainsi le révélateur d’une forme d’émancipation. D’ailleurs, affirme la thérapeute Isabelle Tilmant, cette infidélité peut se révéler comme un bienfait pour les femmes et pour les couples. Mais, précise-t-elle, pas toujours et pas seulement cependant. Bienfait? L’infidélité refait vibrer des femmes endormies ou délaissées, enfermées dans un rôle de mère par définition asexué, affirme la psychologue.

Alors quand il n’y a plus de rêve et de fantaisie dans le couple, les femmes cherchent la romance à l’extérieur. Et c’est souvent dans le cercle proche, un collègue ou le grand classique du meilleur ami. «Les femmes ont ceci de particulier qu’elles sont toujours de grandes rêveuses. Même celles qui adoptent une attitude plus masculine de consommation sexuelle. Les femmes se racontent toujours des scénarios, témoigne Isabelle Tilmant. Les hommes peuvent aussi chercher la romance quand ils subissent sans cesse des reproches à la maison. Mais ils sont plus clivés. Les femmes ne parviennent plus à être dans la relation intime avec leur conjoint. L’homme a plus facilement une double vie dans la durée.»

Mais l’infidélité reste un grand tabou qui ne reçoit généralement que deux réponses extrêmes et assez destructrices. Soit le côté moralisateur, et l’infidélité est cadenassée comme le mal absolu. Soit le côté libéré, et on fait comme si l’infidélité ne créait aucune souffrance. «Et ce côté libéré fait des ravages qu’on ne mesure pas. Des hommes trompés en sortent dévastés, pose la psychothérapeute. Je dénonce la légèreté avec lesquels la société, à travers par exemple les magazines féminins, banalisent l’infidélité.»

Pour Isabelle Tilmant, il est important de quitter la question morale pour être dans une fidélité librement choisie tout au long de la vie du couple. Et pas une fois pour toutes. Et en définissant ce qu’est l’infidélité pour chacun.

Dans «L’infidélité au féminin», Isabelle Tilmant conte onze histoires inavouables, inquiétantes, choquantes, troublantes. Onze histoires vraies. Elles sont venues déballer leurs secrets sur le divan. La thérapeute les a consignées dans des récits brefs et intenses, tout en préservant, dit-elle, complètement l’anonymat des personnes.

On en lira ci-dessous quatre extraits libellés avec des prénoms d’emprunt. On se surprend à regarder à travers le trou de la serrure du cabinet de consultation et à coller son oreille à la porte. La thérapeute écrit un second livre, cette fois sur la résolution des problèmes dans le couple. Il sortira en septembre et sera certainement un puissant écho à ces histoires d’infidélités émouvantes, bouleversantes ou sordides.

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