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« Le nouveau cadre éolien ? Un désastre »

« Le nouveau cadre éolien ? Un désastre »

Le secteur éolien crée-t-il de la richesse ? « C’est plutôt le contraire qui se passe », souffle Ventderaison.

ÉdA – 201856283581

Cette après-midi, le Parlement wallon doit débattre en plénière du nouveau cadre éolien. «Il est temps qu’il réagisse », tempête Ventderaison.

Ce mercredi après-midi doit être débattu en séance plénière du parlement wallon le projet de cadre de référence éolien (voir notre édition du vendredi 22 février). Un projet qui est loin de faire l’unanimité. Les critiques pleuvent du côté de Ventderaison, fédération des groupes d’opposition aux éoliennes en Région wallonne.

«Les ministres compétents espèrent avoir leur décret éolien avant la fin de l’année, explique Luc Rivet, porte-parole de la plateforme. Moi, je dis qu’un décret n’est pas nécessaire : tout est déjà joué. »

Et Luc Rivet de prendre pour preuve les 5 000 GWh/an atteints aujourd’hui en Région wallonne par les «parcs» éoliens déjà installés et en cours de procédure (et ce, y compris tous ceux qui font l’objet d’un recours) alors que le plan wallon veut atteindre les 4 500 GWh/an d’énergie éolienne d’ici 2020.

À l’entendre, les recours lancés çà et là ne changeront rien à l’affaire : les promoteurs attendent tout simplement que les riverains se découragent et finissent par jeter l’éponge. L’inéluctable est juste repoussé de quelque temps. «Les promoteurs n’ont plus besoin de rien, pas même d’Écolo. Ils sont sûrs d’obtenir ce qu’ils veulent – merci à Nollet et à Henry – et se fichent du Parlement wallon comme d’une pomme.»

« Le lobby des renouvelables contrôle le gouvernement »

Le porte-parole enfonce le clou : Edora contrôle le gouvernement wallon tandis qu’Annabelle Jacquet, chef de cabinet énergie du ministre de l’Énergie Nollet «mène la danse ». «On crierait au scandale si un ancien haut responsable d’une centrale nucléaire se retrouvait au sein d’un cabinet. Et ici, on a affaire à l’ex-secrétaire générale d’Edora, le lobby des énergies renouvelables. Cherchez l’erreur. »

Bref, selon Ventderaison, ce cadre n’est que du vent. Une vaste hypocrisie. «Le ministre n’est pas à un mensonge près, Mme Jacquet a bien fait son boulot. Et si les parlementaires ne se réveillent pas ce mercredi, j’ai peur que les conséquences ne soient dramatiques. Ils doivent réagir, demander que l’on vérifie si l’éolien permet bien de réduire les émissions de CO2.»

Une affirmation qui tient de la vaste blague selon la plateforme. Car pour faire fonctionner des éoliennes, il faut faire tourner des centrales thermiques. Envolée du coup la perspective de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le défi lancé à Nollet

«On nous dit aussi que l’éolien va permettre la création de 16 000 emplois à l’horizon 2030. Bien, beau tout ça, mais on omet de préciser que les emplois soi-disant créés sont des emplois non-qualifiés. Des jobs honorables, j’en conviens, mais les métiers à forte valeur ajoutée se trouvent en Allemagne et au Danemark (où les entreprises spécialisées dans l’éolien sont en pleine déconfiture) quand ils ne sont pas délocalisés en Chine. »

Plus que de créer de la richesse, l’éolien appauvrirait considérablement la Wallonie. Une facture de 4,5 milliards d’euros pendrait au nez des ménages wallons si le plan Nollet-Henry venait à passer selon les calculs de Ventderaison.

Et la qualité de vie de la population dans tout ça? «N’en parlons pas. Qui dit éoliennes, dit destruction des paysages, effondrement de la valeur des habitations des riverains et nuisances sonores garanties. »

Sont ainsi pointées du doigt – entre autres choses – la réduction de la distance entre centrales éoliennes de 12 km à 4 km et l’augmentation de la norme de bruit nocturne de 40 dB à 45 dB.

«Ne vous méprenez pas. Nous sommes pour le renouvelable. Le vrai. Et nous mettons au défi M. Nollet de prouver que nous avons tort », conclut, un rien bravache, la plateforme Ventderaison.