Yvette Dardenne  : les boîtes, c’est son affaire

Dans son musée de la boîte en fer-blanc lithographiée, Yvette Dardenne règne parmi 56 500 boîtes.

Rencontre.

«Waow!» Devant nous, des dizaines, des centaines, des milliers de boîtes métalliques. Cette grange en est remplie. De toutes les couleurs, de toutes les formes, de toutes les marques. Là, ce sont des biscuits. Plus loin, du chocolat. Au-dessus, des boîtes de toffee et aussi des caramels. Certaines sont simplement rectangulaires. D’autres ont la forme de mappemondes, de sacs à main, d’avions ou de trains… Là, on reconnaît la famille royale. À côté, c’est le Père Noël ou les personnages de Disney… On ne peut que rester bouche bée devant une telle collection. Ou alors pousser un cri d’exclamation pantois.

Bienvenue chez Yvette Dardenne, au musée de la boîte en fer-blanc lithographiée, à Grand-Hallet (Hannut). Vous l’aurez deviné, Yvette Dardenne est une boxoferrophile. Ou alors une buxidaferrophile, comme elle préfère le dire (NDLR : le buxidanicophile étant le collectionneur de tabatières). Elle possède aujourd’hui plus de 56 500 boîtes en fer-blanc lithographiées, réparties dans trois bâtiments situés au bout d’une petite route en pleine campagne hannutoise. «Au début, j’avais dit à mon mari que je m’arrêterais à 10 000. Mais on en est aujourd’hui très loin. Et c’est par la presse que je sais combien de boîtes j’avais à telle époque. Je ne m’amuse pas à les compter. Mais comme je mets une petite étiquette avec un numéro sur toutes les boîtes, c’est comme ça que je sais combien j’en possède.»

Son savoir «fer», elle l’a développé depuis 1988. «J’avais une boîte avec de vieilles photos. Un jour, je suis allée chez une tante pour savoir qui était qui sur les photos, et elle m’a donné une boîte à chocolat Côte-d’Or datant des années 50. Je la considère comme ma première boîte.»

Et le point de départ d’une passion dévorante. Voire débordante. «Ce qui est propre à mes exagérations, c’est que je ne collectionne pas qu’un seul thème ou qu’une marque. Je collectionne toutes les boîtes en fer : tous âges, tous usages, toutes origines et ayant véhiculé tous les produits imaginables.»

Cette «collectionnite aiguë» fait que les boîtes d’Yvette Dardenne sont réclamées un peu partout pour des expositions thématiques. On en trouve actuellement à Liège, dans l’exposition Golden Sixties. Voici un peu plus de deux ans, à Namur, ce sont ses boîtes consacrées à Noël qui ont les honneurs d’une exposition.

Ses boîtes, Yvette Dardenne les connaît par cœur. Vous lui en montrez une, elle sait dire si elle la possède ou pas. Les doubles ne l’intéressent pas. «Il faut qu’elles soient différentes. Si le décor est le même, cela ne m’intéresse pas.»

Dans la maison, les boîtes sont reines. On en trouve dans le hall d’entrée, dans le salon, dans la salle à manger «où l’on ne mange que du fer», sourit Yvette Dardenne. Tant et si bien qu’il a fallu acheter d’autres bâtiments au fil des années pour contenir toute la collection. «Dans le bistrot, il y a des boîtes, dans les annexes du moulin, il y a des boîtes… Et dans le grenier du moulin, il y a aussi des paniers en osier. Environ 10 000… Un moment, j’ai fait les deux collections en même temps. Mon mari me l’interdisait…», nous dit-elle avec la mine d’une petite fille que l’on vient de surprendre avec le doigt dans le pot de confiture…

Sa boîte la plus ancienne date de 1868 : «C’est une boîte anglaise appelée Ben Georges illustrée par Owen Jones pour Huntley & Palmers. C’est la toute première à être imprimée directement sur le métal. Les industriels ont dû trouver la bonne formule, car le métal ne boit pas comme un buvard ou un papier…»

Mais où Yvette Dardenne a-t-elle trouvé toutes ces boîtes? «Pas dans les brocantes, comme un Monsieur brugeois a pu l’écrire. J’ai travaillé dans l’immobilier et je n’en ai pas eu l’occasion, faute de temps. Bon, cela m’est bien arrivé d’aller dans des marchés aux puces, mais on m’en a aussi beaucoup proposées après quelques passages à la télévision.»

Ses boîtes, Yvette les aime toutes. Et elle a décidé de partager sa passion. Son musée est ouvert à la demande sur réservation. Prévoyez deux bonnes heures pour la visite. Pour les enfants, il y a aussi un mini-zoo (porc-épic, kangourous…) à l’extérieur.

Musée de la boîte en fer-blanc lithographiée, 8 rue du Condroz, 4 280 Grand-Hallet. Uniquement sur rendez-vous au 019/634 392.