Le bureau des affaires sexistes

Isabelle Nanty en magistrate emblématique d’une semaine où France Télévision met la femme en avant dans tous ses programmes.

SoFemmes Productions/Scarlett

À France Télévisions, ils aiment les semaines spéciales. Après le théâtre, les femmes seront à l’honneur du 2 au 8 mars.

Avec une kyrielle de programmes dont un nouveau programme court sur le sexisme ordinaire.

«En avant toutes! », c’est le titre de la semaine spéciale «femmes » programmée par France Télévision dès ce samedi et qui se terminera le 8 mars, lors de la journée internationale de la femme. Une semaine dont le grand patron de chaîne publique, Rémy Pfimlin (qui est un homme) veut qu’elle «rende compte de la condition et de la place des femmes aujourd’hui et lutter contre les stéréotypes ». Et qui veut aussi « relayer les combats que mènent les femmes dans le monde ».

Dans une foule de programmes, on épinglera d’emblée une initiative originale. Il s’agit du « Bureau des affaires sexistes». Une mini-série dont 21 épisodes de 3 minutes ont été mis en boîte. L’occasion de revoir une comédienne devenue un peu rare ces derniers temps, Isabelle Nanty, qui fut la nounou coriace de « Tatie Danielle» et la réalisatrice d’un long-métrage « Le Bison» avec elle-même et Édouard Baer. Avec ses grands yeux clairs et sa bouille pas commode, Isabelle Nanty incarne Marlène Chaton, la magistrate d’un tribunal imaginaire, le «bureau des affaires sexistes ». Une petite juridiction, sans ministère public, où la juge siège accompagnée d’un gentil greffier binoclard avec qui elle entretient une complicité maternelle. Elle examine des dossiers où des hommes et des femmes se plaignent de comportement irrespectueux. Une employée qui se plaint de gestes inconvenants la part d’un collègue macho. Une autre employée qui se plaint de ne pas recevoir de promotion parce qu’elle ne reste pas au bureau « après les heures». Un homosexuel qui se plaint de ce que l’institutrice de son fils lui donne l’étiquette de maman. Une politicienne qui se plaint de ce qu’un candidat l’accuse d’avoir réussi à cause de ses charmes.

Voilà quelques trames. À chaque fois, on entend les deux versions, puis, séance tenante, la magistrate rend son jugement, qui se veut cocasse. Condamnant par exemple le collègue indélicat à porter un bracelet électrique dont sa collègue féminine aura la télécommande et pourra lui envoyer une petite décharge en cas de remarque déplacée.

Scénarisée par Brigitte Gresy, Michèle Fitoussi et Léa Domenach, le «bureau des affaires sexistes» n’a rien d’ébouriffant, formellement sans inventivité, moyennement joué et ne lésinant pas sur les clichés. Mais en quelques secondes, Isabelle Nanty crée un personnage qui mériterait d’être développé.

La mini-série sera distillée sur les six chaînes de France Télévisions à savoir France 2, France 3, France 4, France 5, France Ö et Outre-mer 1er . Certains épisodes sont déjà visibles sur la toile.

X.D.

Sur France 2 du lundi 4 au vendredi 8 mars à 15h15, sur France 3 à 13h30, sur France 4 à 12h30 et 19h30, et sur France 5 à 10h05.