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Cure d’austérité massive aux USA: l’Europe victime collatérale?

Cure d’austérité massive aux USA: l’Europe victime collatérale?

Faute d’accord politique, le budget fédéral des Etats-Unis commencera ce vendredi à être amputé de 85 milliards de dollars d’ici à fin septembre et de 109 milliards dans les huit prochaines années, au risque de gripper une croissance américaine encore Associated Press / Reporters

Les Etats-Unis sont au bord d’une cure d’austérité massive. L’Europe pourrait être une victime collatérale.

Le président américain Barack Obama a convoqué les chefs de file du Congrès à la Maison Blanche, sans guère d’espoir d’éviter le déclenchement dès ce vendredi d’une cure d’austérité qui risque de peser sur la croissance de la première économie mondiale.

Depuis 2011, quand les conservateurs ont pris le contrôle d’une partie du pouvoir législatif, Obama et ses adversaires se sont affrontés sur la façon de rééquilibrer les comptes publics sur fond d’une hausse vertigineuse de l’endettement de la première économie mondiale, actuellement à plus de 16.000 milliards de dollars. Faute d’accord de fond, les deux parties ont trouvé des solutions temporaires. L’idée, émise à la mi-2011 par la Maison Blanche et entérinée par les républicains, était de mettre en place des coupes automatiques dans les dépenses censées être suffisamment douloureuses pour inciter à négocier une solution.

C’était sans doute faire preuve de trop d’optimisme vu l’intransigeance persistante de chaque côté: Obama accepte le principe de coupes dans les dépenses, mais exige aussi que les plus riches paient davantage d’impôts. «Le président a déjà eu ses hausses d’impôts», a martelé le président de la Chambre, John Boehner, jeudi. «Combien d’argent voulons-nous encore voler aux Américains pour financer encore plus d’Etat? Je dis zéro», a-t-il lancé.

La présidence démocrate sonne l’alarme depuis des jours sur les conséquences concrètes d’une amputation de 85 milliards de dollars sur les sept derniers mois de l’année budgétaire, soit 8% pour la défense et 5% pour les autres postes, en parlant de mises au chômage partiel de fonctionnaires et de dérèglements des services publics.

Cette crise devrait bientôt s’additionner à une autre, encore plus lourde de menaces: le financement de l’Etat fédéral pour les derniers mois de l’exercice 2013, qui devra faire l’objet d’un vote au Congrès avant le 27 mars.

« Un impact sur la croissance mondiale »

L’onde de choc des coupes budgétaires aux Etats-Unis risque de se propager bien au-delà des frontières américaines et frapper notamment l’Union européenne, premier partenaire commercial des Américains.

Le FMI a été le premier à sonner l’alerte. «Il y aura un impact sur la croissance mondiale. Les pays les plus affectés seront ceux qui ont les liens commerciaux les plus profonds avec les Etats-Unis», a souligné un porte-parole du Fonds jeudi, à la veille de la date fatidique.

A son corps défendant, l’Union européenne se trouve en première ligne. Avec 645 milliards de dollars de biens échangés en 2012, les 27 restent le premier partenaire commercial des Etats-Unis, loin devant la Chine, et affichent même un confortable excédent vis-à-vis de la première économie mondiale. Plombé par la récession en zone euro, le Vieux continent n’avait pas vraiment besoin de ça.

Cet épineux contexte pourrait toutefois receler une vertu cachée: donner un coup d’accélérateur aux négociations américano-européennes, qui doivent encore être formellement lancées à Bruxelles et qui visent à créer une des principales zones de libre-échange au monde.

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