Bertrand Baijot, les Crétois sont-ils mobilisés ?

Un réseau d’environ 120 personnes s’est constitué. Il est très actif. Mais les gens sont trop écrasés par la crise pour avoir l’énergie de défendre leur patrimoine. La pétition n’a recueilli que 2 000 signatures de Grecs.

Les habitants sont-ils consultés ?

Pas vraiment. Pire, ils se font spolier leur terre et la plupart du temps ils ne sont pas au courant. En Crète, les terrains sont très morcelés, très divisés entre les familles. Lors d’expropriation, quand l’État a déclassé les zones forestières ou de pâturage, l’avis est affiché pendant un mois à la mairie. Les propriétaires ont donc un mois pour opposer un recours. La plupart le découvre trop tard et se font exproprier sans même le savoir.

En cas d’expropriation, que reçoivent-ils ?

Ils ne reçoivent pas grand-chose. Presque tout est privé en Grèce. Jusqu’à 1500 mètres d’altitude, toute la terre est privée. Les gens qui possèdent des hectares en montagne les louent en général à des apiculteurs ou à des bergers. Par an, ils reçoivent, par exemple, 10 kg de fromage ou quelques pots de miel. L’État les dédommage en leur offrant l’équivalent de ce qu’ils auraient reçu s’ils la louaient à des bergers.

Et les terres cultivées ?

Contrairement aux pâturages et aux zones forestières, on ne peut pas exproprier des terres cultivées. Avant, on ne pouvait absolument rien construire sur une zone forestière. Il y a tellement peu de forêt que c’était un tabou. Mais les autorités ont modifié la loi pour qu’on puisse implanter des éoliennes.¦