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Maison de repos : 33 % des résidents admis contre leur volonté

Maison de repos : 33 % des résidents admis contre leur volonté

L’enquête de Test-Achats reflète la perception de 1300 personnes âgées de plus de 55 ans.

TTLAgency

Le constat est assez glaçant : une personne sur trois est admise en maison de repos contre sa volonté. L’enquête est signée par Test-Achats. Elle pointe aussi des temps d’admission trop longs, un coût trop élevé, des vols et des plaintes dans divers domaines, y compris l’administration... erronée de médicaments.

Listes d’attente de près de 7 mois, coût du séjour très élevé (en moyenne 1360 €/mois), frais exorbitants... Test-Achats a mené une enquête de satisfaction sur les maisons de repos. Les résultats? On le voit, guère brillants : «4 personnes sur 10 disent avoir des plaintes concernant les soins et l’assistance et 1 sur 3 avec l’administration des médicaments, une personne sur 4 victimes de vol  », explique l’association de défense des consommateurs.

Le sondage a été mené auprès de 1 300 personnes âgées de 50 à 65 ans dont un proche séjourne ou a séjourné dans une maison de repos. « Dans l’ensemble, un cinquième (20 %) ou plus des répondants se sont déclarés mécontents par rapport à différents aspects.  »

Sept mois d’attente

Selon Test-Achats, les résultats de l’enquête portent tant les maisons de repos traditionnelles que les maisons de repos et de soins. Parmi les principaux griefs mis en avant, un temps d’attente moyen de sept mois pour une admission.

«Une admission directe est généralement impossible lorsque l’on cherche une place dans une maison de repos, constate Test-Achats. Si 38 % des répondants déclarent qu’ils n’ont pas dû attendre, plus d’un senior sur dix n’a toutefois pu entrer en maison de repos qu’après un an minimum.  »

L’association observe par ailleurs des différences entre les régions : 7,5 mois en Flandre, 6,5 mois à Bruxelles et 4,5 mois en Wallonie.

Pour tenter de réduire ce temps d’attente, nombreux sont ceux qui entreprennent des démarches spécifiques afin de réduire ce temps d’attente, explique Test-Achats. «Le plus souvent, ils contactent la « bonne » personne (63 %), ce qui garantit, selon les répondants, les meilleures chances de succès.  »

Autre démarche qui, selon les résultats du questionnaire, permettrait d’accélérer l’admission en maison de repos : le fait de déclarer un état de santé du candidat résident plus grave qu’il ne l’est en réalité (8 %). «Selon les répondants, le principal critère d’admission appliqué par les homes est l’état de santé de la personne âgée, confirme Test-Achats, suivi de l’ordre des demandes.  »

Bref, le flou régnerait sur les critères de sélection, ce que déplorent quatre répondants sur dix, qui pointent le manque, voire l’absence, de transparence.

83 ans en moyenne

L’enquête de Test-Achats met également en évidence l’âge moyen des personnes admises en maison de repos : 83 ans. Avec un constat assez glaçant : « Une personne sur 3 a été admise contre sa volonté. Un autre tiers était elle-même demandeur. Le reste était indifférent ou n’avait plus conscience de ce qui se passait.  »

1 361 € par mois

Autre résultat, le coût moyen du séjour, repas compris : selon Test-Achats, il s’élève à 1 361 € par mois.

«Ce forfait comprend le plus souvent l’électricité et, parfois, d’autres services ou fournitures : protections contre l’incontinence, séances de kiné, TV, boissons, nettoyage/repassage des vêtements, etc.  »

Selon l’association de défense des consommateurs, les prestations non comprises dans le prix sont généralement comptabilisées en détail dans la facture mensuelle. «Elles représentent en moyenne 138 € par mois. En outre, si le résident doit s’absenter pour une courte période, par exemple pour des vacances ou pour un séjour dans sa famille, un tiers des répondants disent qu’il faut malgré tout payer le prix plein.  »

Supérieur aux revenus mensuels

Selon l’enquête, dans 60 % des cas, le coût du placement en maison de repos est supérieur aux revenus mensuels du résident; dans 22 % des cas, la différence dépasse même... 500 € par mois.

«Cette différence est le plus souvent comblée en puisant dans les économies du résident ou grâce à l’aide de sa famille. Près de 20 % des résidents reçoivent par ailleurs une aide financière du CPAS.  »

Nombreuses plaintes

Toujours aux rayons des faits marquants : un peu plus de la moitié des répondants indiquent avoir déjà été confrontés à un ou plusieurs problèmes graves.

40 % dénoncent des problèmes touchant à l’assistance courante - par exemple la toilette ou l’aide pour sortir du lit; 35 % pointent la mauvaise communication des informations médicales à la famille; 30 % l’administration erronée de médicaments (30 %).

Des vols

Selon Test-Achats, les maisons de repos ne semblent pas non plus échapper au vol. Et de mettre en garde : «Ces établissements rejetant toute responsabilité en la matière, il est conseillé de mettre en dépôt les grosses sommes d’argent, les bijoux ou les objets de valeur.  »

Par ailleurs, 21 % et 8,5 % des répondants déplorent le comportement verbal et physique brusque de la part du personnel à l’égard des résidents. Avec un autre problème à la clé...

« En faire état constitue assurément une étape cruciale, mais elle ne garantit apparemment en rien une amélioration de la situation. D’ailleurs, 30 % de ceux qui disent avoir rencontré un problème estiment que celui-ci n’a pas été résolu, et 30 % déclarent qu’il n’a été résolu que partiellement.  »