Mettre en valeur un bien pour en accélérer la vente, voire en augmenter le prix. Le home staging se fait une place en Belgique.

Lorsque l’on veut se vendre, on se pare de ses plus beaux atours. Une maison ou un appartement, c’est pareil. Un immeuble propre et rafraîchi partira plus rapidement qu’un bâtiment sale, encombré et démodé. Une question de bon sens. Et depuis quelques années, une philosophie issue des États-Unis. Le home staging vise à mettre en scène un bien immobilier en valorisant ses atouts.

«C’est de la “ speed déco ”, explique Éveline Gielen, home stager. Mais toujours avec un caractère immobilier. L’objectif est de montrer la valeur immobilière aux acheteurs, en mettant en évidence des éléments comme un feu ouvert ou un beau parquet. On met toutes les chances de son côté, avec le regard extérieur du home stager, en rangeant, en nettoyant, en remettant les choses au bon endroit, en gardant à l’esprit que l’acheteur ne voit dans un premier temps que le côté esthétique, et pas le potentiel du bien à vendre.»

Désencombrer, nettoyer, réparer, dépersonnaliser. Repeindre, parfois, lorsque la couleur des murs leur donne de l’âge ou assombrit les espaces. Bref, investir un minimum pour garantir une meilleure vente. «Cela permet de vendre un bien 4 à 6 % plus cher que le prix auquel on l’aurait vendu, indique Éveline Gielen. Mais soyons clairs, cela reste souvent plus bas que le prix qu’en voudraient les propriétaires…»

Michel Renson, agent immobilier à Tilff, qui pratique le home staging dans le cadre de ses ventes, ne constate quant à lui pas d’augmentation des prix. «Mais les biens partent beaucoup plus vite! Pour moi, c’est une stratégie gagnante dans le cadre de mes ventes, dans le marché difficile qu’on connaît aujourd’hui.»

Entre 0,5 et 1 % du prix de vente

Un atout qui a, bien souvent, un coût. Michel Renson, lui, voit le home staging comme un service gratuit qu’il rend à ses clients. Cela ne lui demande que quelques heures et il se limite au rangement et à la réorganisation. Les home stagers qui travaillent plus en profondeur, notamment en matière de peinture, peuvent demander 0,5 ou 1 % du prix de vente du bien, selon la prestation.

«Contrairement aux idées reçues, le home staging ne s’applique pas qu’aux biens de luxe, précise Éveline Gielen. Ceux-là sont d’ailleurs déjà bien entretenus et aménagés, en général… On travaille plus souvent sur des biens “ normaux ”, moyens de gamme, qui partent à environ 250 000 €. Pour les biens bon marché, par contre, investir dans le home staging n’en vaut souvent pas la peine.»

Le home staging se pratique également pour les photos. «Quand on trouve des annonces sur internet avec photos où on voit du linge qui pend, c’est une catastrophe!», lance Michel Renson. Entre 70 et 90 % des transactions se font via internet. «Et les gens ne viennent pas visiter si les photos ne les interpellent pas…», ajoute Éveline Gielen.

Si le home staging n’est pas à portée de toutes les bourses, quelques règles de bases ne coûtent rien et peuvent déjà améliorer la perception d’un bien par les acheteurs : ranger, nettoyer, dépersonnaliser. «Et prendre des photos des façades avec un ciel bleu! La grisaille et la tristesse ne font pas vendre…»