IMMIGRATION

Immigration : des unions mixtes en hausse

Immigration : des unions mixtes en hausse

Aujourd’hui, on compte 16 000 conjoints émigrés en Belgique. Un chiffre élevé en raison du nombre grandissant d’immigrés.

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Selon des chercheurs gantois, les unions mixtes chez les migrants de 2e génération sont en hausse. Le signe d’une intégration en marche.

Les personnes d’origine turque et marocaine vivant en Belgique se marient de moins en moins avec un(e) partenaire de leur pays d’origine.

C’est ce qui ressort d’une étude de l’Université de Gand, menée auprès de 126 757 personnes domiciliées en Belgique et issues de l’immigration.

«Nous vivons une transition importante, affirme Bart Van de Putte, sociologue gantois. La procédure d’intégration de ces communautés est en route.  »

Ainsi, les migrants turcs et marocains se tournent davantage vers la population belge locale pour se marier.

Des unions locales en priorité

Une tendance d’autant plus vraie chez les migrants de 2e génération, c’est-à-dire nés en Belgique avec la nationalité d’un pays tiers.

En 2008, 45 % des migrants marocains de 2e génération ont opté pour une union locale avec un conjoint issu de la même communauté ethnique (soit 10 % de plus qu’en 2 001). Les unions mixtes ou «ethniquement hétérogames», représentent quant à elles 16,5 % des unions légales (11 % en 2001).

Même constat dans la communauté des migrants turcs. L’union locale homogame devient majoritaire en 2008 (47 % contre 34 % en 2001) et les mariages mixtes augmentent.

« Aujourd’hui, se marier avec un partenaire du pays d’origine n’est pas toujours facile. Le taux de divorce est d’ailleurs plus élevé dans ce type d’union que dans des unions locales  » estime Bart Van de Putte , pointant notamment du doigt des disparités socioculturelles importantes.

La globalisation ambiante est également un facteur à prendre en compte. «Les liens entre les pays sont de plus en plus grands. C’est normal qu’il y ait des mariages interethniques  » constate le sociologue.

Davantage de mariages mixtes en Wallonie

Le choix d’un conjoint local d’une autre «ethnie» est mieux représenté en Wallonie chez les migrants, qu’à Bruxelles ou en région flamande (34 % contre 19 et 24 %).

« L’histoire de la migration est plus longue en Wallonie. Dès lors, les immigrés sont mieux intégrés » annonce Bart Van de Putte.

La migration est également plus concentrée en Flandre. À l’inverse, en Wallonie, les communautés de migrants sont plus éclatées, favorisant les unions mixtes. « Un migrant turc qui ne vit qu’avec des Turcs aura plus de chance de se marier avec une Turque  » justifie le chercheur.

Si les unions mixtes augmentent dans les «vieilles  » communautés de migrants, le mariage avec un conjoint du pays d’origine est encore une pratique courante en 2008 pour 48,5 % des personnes ayant un passé migratoire en Belgique.

En effet, si la loi sur la migration des conjoints, devenue plus stricte en 2011, pourrait contribuer à l’augmentation des unions locales, le mariage avec un partenaire du pays d’origine est loin de disparaître, selon Bart Van de Putte. «C’est une sorte de logique humaine et identitaire. »