football Matches truqués

Paul Put : « Comme Armstrong »

Paul Put : « Comme Armstrong »

L’ex-entraîneur de Lokeren et du Lierse est en train de se refaire une virginité en Afrique.

AFP

Interrogé avant sa demi-finale de la Coupe d’Afrique avec le Burkina, Paul Put a livré sa version des matches truqués.

Paul Put (56 ans) ne refait pas surface à l’occasion de l’enquête d’Europol présentée lundi (voir nos éditions de ce 5 février). L’Anversois fait l’actualité à la CAN, où il a hissé le Burkina Faso en demi-finale. Interrogé hier sur l’affaire Zheyun Ye, qui a éclaté en 2005 et dans laquelle Paul Put fait partie des inculpés toujours en attente de jugement, l’Anversois a livré sa version des matches truqués…

Paul Put, êtes-vous surpris du rapport d’Europol sur l’existence de centaines de matches truqués, vous qui avez été impliqué dans une affaire de cette nature ?

Je ne suis pas surpris, ça a toujours existé dans le football, on a vu ça aussi dans le cyclisme, avec Lance Armstrong. Moi, je n’ai pas truqué de matches, pas du tout, mais c’est comme ça que c’est apparu dans la presse.

Vous avez pourtant été interdit d’exercer en Belgique…

Je n’ai pas été suspendu par la Fifa, j’ai une lettre de la Fifa (NDLR : qui l’atteste). J’ai été suspendu en 2008 pour trois ans en Belgique, mais sans raison. Je l’ai accepté, parce que la Fifa a dit que je pouvais continuer à travailler ailleurs qu’en Belgique.

Il va y avoir un procès en Belgique…

Il va y avoir un procès, avec 40 personnes impliquées. C’est en cours, mais cette affaire remonte à huit ans !

Que s’était-il passé ?

Tout le foot belge était malade à l’époque. J’ai été menacé par la mafia, par armes à feu, mes enfants n’étaient pas en sécurité. Ce n’est pas agréable de parler de cela mais c’est la réalité. On m’a forcé, mais « truquer » est un bien grand mot, parce que l’équipe était dans une très mauvaise situation. Il n’y avait pas d’argent, pas d’espoir, rien. On a monté tout une histoire autour des matches truqués mais d’autres équipes ont fait la même chose, pas seulement le Lierse. Ce n’était pas notre volonté. Je ne suis pas un manager, seulement un entraîneur, et je devais obéir à des gens au-dessus de moi, et les joueurs aussi.

Comment avez-vous vécu votre affaire ?

Cela a été une période très dure pour moi, ma famille et mes amis. C’est toujours dur quand on est le seul accusé. Je me suis battu, j’ai travaillé jour et nuit. Par la suite, j’ai eu des satisfactions : en Gambie d’abord, avec de bons résultats, j’ai gagné le respect. Et aujourd’hui. Maintenant, tout le monde m’appelle de Belgique pour une émission de télévision ou une interview radio, et pourtant, je suis le même Paul Put qu’avant.

Avez-vous l’impression d’être un bouc émissaire ?

Oui, comme Lance Arsmtrong. Il fallait faire un exemple pour tout le monde. Mais dans le football, beaucoup de grands internationaux sont impliqués dans des matches truqués.

Est-ce un plus grand problème dans le football ?

Malheureusement, il y a des matches truqués dans tous les sports, c’est la réalité. Mais pour dire la vérité, le problème est pire que ce qu’en pense le monde du football. Si vous voyez ça en Ligue des champions, imaginez un peu dans les championnats… Il s’est produit tellement de choses dans le football et je pense dans tous les sports, depuis vingt ou trente ans… La Fifa travaille dur là-dessus, ce sera difficile mais je pense qu’on peut s’en débarrasser. Les contrôles dans le cyclisme sont de plus en plus efficaces donc je pense qu’il est possible de mettre fin aux matches truqués .

Souhaitez-vous retourner en Belgique ?

Mon ambition est d’avoir une grande équipe, ou un grand pays, pour que je puisse faire mes preuves à nouveau. J’ai déjà fait mes preuves en Belgique où certains clubs ont repris contact avec moi, j’ai joué l’Europa League, des finales de coupe, j’ai fait monter deux équipes en première division. La Gambie était un grand défi, j’ai fait mes preuves là-bas et à nouveau avec le Burkina, et peut-être qu’à l’avenir j’aurai une grande sélection.

Quand votre contrat expire-t-il ?

Il peut se terminer n’importe quand (rires) ! Aujourd’hui vous êtes Dieu, demain vous êtes une merde (rires) ! ¦