Électrosensibles : le « fuck you » de la majorité

Électrosensibles : le « fuck you » de la majorité

Une armature en métal autour d’un câble ou d’un appareil, reliée à une prise de terre via le conducteur jaune vert, suffit pour drainer le champ électrique vers la terre.

Arpad Nagy-Bagoly – Fotolia

Les partis de la majorité ne reconnaissent pas l’électro-hypersensibilité. Écolo demandait d’officialiser ce syndrome comme maladie.

Les ondes électromagnétiques artificielles que nous subissons ou générons au quotidien fragiliseraient nos cellules et dérégleraient l’ADN. Ce qui est certain, c’est que ces micro-ondes affectent la santé et le bien-être des personnes électrosensibles, toujours plus nombreuses à témoigner.

Les ondes les plus nocives seraient celles pulsées en masse et ponctuées d’importantes crêtes. On les reçoit plein pot notamment quand nous utilisons notre téléphone portable dans un endroit fermé. La puissance fournie par l’appareil est alors maximale et peut atteindre des dizaines de volts par mètre. Le système électrochimique de nos cellules s’en trouve perturbé. Dans certains cas, il s’adapte et on récupère; dans d’autres, la génotoxicité accumulée et l’augmentation de protéines de stress sont sources d’effets potentiellement nuisibles qui favoriseraient le développement de tumeurs.

Des études et expériences réalisées récemment à l’ULB, démontrent clairement que les ondes GSM affectent la mémoire et la réponse aux phéromones de colonies.

«Nous sommes 1 milliard de milliards de fois plus exposés aux hautes et basses fréquences qu’au début du XXe  siècle. Nous baignons désormais dans un véritable électrosmog. Tous les appareils électriques et électroniques que nous possédons ainsi que les alimentations des appareils qui transforment le courant électrique sont autant de sources non négligeables de pollution électromagnétique. Elle est sans rapport avec les champs présents dans la nature avant l’arrivée de ces pollutions artificielles», confirme Benoît Louppe, spécialiste en environnement électromagnétique et en biologie de l’habitat.

Il a derrière lui plus 4 500 analyses de maisons et des dizaines d’expertises réalisées dans des entreprises et communes belges.

Son constat est net : «Avec la multiplication des appareils électroniques, on assiste à ce que j’appelle un encrassement du courant par des ondes. Ce dernier se gorge de pollutions appelées harmoniques. Dans un lieu de vie, le champ d’induction magnétique 50Hz d’un câble en façade, le WiFi, de la 3G (et bientôt 4G), une tablette tactile, une ampoule d’éclairage fluocompacte… créent un mixte de fréquences dont les effets cumulés laissent courir un risque aux gens les plus fragiles.»

En téléphonant avec un portable (sans fil ou mobile), un certain nombre de watts atteignent à la fois le cerveau, l’oreille et l’œil par pénétration de l’énergie de l’antenne. Le 18 octobre 2012, la Cour Suprême de Cassation italienne a confirmé la décision de la cour d’appel de Brescia, en référence aux poursuites entamées par Innocente Marcolini, cadre supérieur de 60 ans souffrant d’une tumeur au cerveau contractée suite à l’utilisation intense du téléphone cellulaire au travail (30 h/semaine/12 ans). Cet homme a bien été déclaré invalide à 80 %. « C’est la première fois qu’une cour européenne reconnaît le lien entre la téléphonie et le développement d’une tumeur», souligne encore Benoît Louppe.

Les ondes à elles seules ne peuvent pas expliquer toutes les perturbations de santé chez des électrosensibles. D’autres sources de pollutions sont sans doute à incriminer. Mais on sait que sous l’effet de certaines ondes des GSM, même faibles, les membranes des vaisseaux sanguins qui entourent nos cellules nerveuses cérébrales (barrière hémato-encéphalique) deviennent plus perméables à la pénétration de certaines substances chimiques nuisibles.

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