Médecine

Des étudiants se disent consternés

Des étudiants se disent consternés

Les doyens des facultés de médecine recommandent de mettre fin à tout financement public des pratiques non-conventionnelles !

PhotoAlto/Reporters

La reconnaissance de l’homéopathie, de la chiropraxie, de l’ostéopathie et de l’acupuncture fait peur aux futurs médecins.

Les comités interuniversitaires néerlandophone et francophone des étudiants en médecine se sont dits lundi «consternés» des débats menés à la Chambre sur la reconnaissance de médecines non-conventionnelles et réclament l’audition de toutes les parties.

Les étudiants réfutent les positions défendues mercredi par le président de la commission d’avis créée par le SPF Santé, favorable à un enregistrement de ces pratiques (homéopathie, chiropraxie, ostéopathie, acupuncture) afin de garantir la sécurité du patient et établir des critères.

«La médecine non-conventionnelle ne fonctionne pas mieux qu’un placébo», martèlent le comité interuniversitaire des étudiants en médecine (CIUM) et son équivalent néerlandophone, le VGSO. Pour eux, Le remboursement de «pseudosciences» chargerait encore plus les budgets déjà surmenés de la Santé publique et de la Sécurité sociale; il renforcerait aussi un système qui menace la Santé publique, car «l’absence d’un diagnostic correct et d’un traitement approprié met souvent le patient en danger», soulignent les étudiants.

Ils mettent en garde aussi contre une autorisation d’utiliser l’imagerie médicale pour des personnes sans formation adéquate, ce qui constituerait «un risque considérable quand le patient est exposé à la radiation».

À leurs yeux, l’organisation de formations en médecine non-conventionnelle pourrait à tort suggérer que les universités reconnaissent la scientificité de ces traitements. Les étudiants réclament en outre un débat ouvert dans lequel toutes les parties concernées seront écoutées, et non seulement les représentants de médecines non-conventionnelles.

On compte en Belgique, affiliés à une association professionnelles, quelque 600 acupuncteurs, 340 homéopathes (médecins dans 75 % des cas), 110 chiropracteurs et un millier d’ostéopathes (kinés dans 83 % des cas). Les formations sont très diverses et assurées par diverses organisations. À l’échelon universitaire, il n’existe qu’une formation en ostéopathie prodiguée par l’ULB.