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Graph Search, l’appli de Facebook qui inquiète

Graph Search, l’appli de Facebook qui inquiète

Graph Search n’en est pour l’instant qu’à la phase de test. Mais suscite déjà pas mal de commentaires.

ÉdA – 10342428689

Graph Search inquiète. Quid de la protection des données personnelles? Tarabella demande une enquête. Et fait le forcing pour la nouvelle directive.

Graph Search, c’est un outil qui permet de réaliser des recherches poussées dans le profil des utilisateurs de Facebook et de croiser les données disponibles. Vous aimeriez voir les photos de vos amis qui se trouvent à Tokyo et qui aiment les sushis? Grâce à cette fonction qui est actuellement testée par quelques «privilégiés», c’est possible.

«Sur le fond, cela semble assez rigolo, commente Marc Tarabella, député européen en charge de la protection des consommateurs. Seul hic, la législation n’est pas prête pour un tel moteur de recherche qui est potentiellement… très intrusif. Cette application donne ainsi une immense visibilité à toutes les informations personnelles que l’on aurait oublié de passer en mode privé.»

Un Britannique nommé Tom Scott ne dit pas le contraire. Il a ainsi cherché à connaître les limites du système par le biais de quelques requêtes plus ciblées : homosexuels musulmans habitant à Téhéran, mères italiennes catholiques fans de la marque Durex… Et ô surprise, Graph Search lui a communiqué une série de résultats. Déroutant à tout le moins, pour ne pas dire dérangeant.

Bientôt une nouvelle directive

Le premier à s’en émouvoir, c’est Marc Tarabella. Le socialiste a demandé aux institutions européennes d’enquêter sur ce dossier. De quoi aussi lui fournir un argument supplémentaire pour convaincre ses confrères de voter en faveur d’une législation européenne plus poussée quant à la protection des données.

À l’heure actuelle, cette matière relève d’une directive datant de 1995. Mais depuis lors, de l’eau – l’équivalent de plusieurs océans – a coulé sous les ponts. «C’est comme si plusieurs siècles s’étaient écoulés. Ce qui se faisait sur le net en 1995 n’a plus rien à voir avec ce qui se passe aujourd’hui. Il est donc indispensable de procéder à une mise à jour de la législation.»

Une directive sur le sujet est en phase de finalisation au Parlement européen. Elle a été votée mercredi passé en commission du marché intérieur. Mais la route est encore longue avant le vote en session plénière qui devrait avoir lieu, si tout se passe bien, au printemps. Preuve en tout cas que les enjeux sont considérables, la plupart des votes sur les amendements se jouent à une ou deux voix près. Un élément que Marc Tarabella explique par la pression importante qui est exercée par les lobbys industriels sur les eurodéputés.

Les lobbys industriels pour une définition « light »

Qu’est-ce qu’une donnée personnelle? Déjà sur ce «simple» point, entreprises et défenseurs des intérêts des consommateurs se crêpent le chignon. Là où les premiers prônent une définition minimaliste, les deuxièmes souhaitent que sous ce vocable soient regroupés le nom, l’adresse postale, le numéro de téléphone mais aussi d’autres informations comme l’adresse IP et l’adresse e-mail. On a donc là deux visions qui sont totalement opposées l’une de l’autre. « Par conséquent, c’est extrêmement difficile de savoir à quoi va ressembler au final cette directive européenne », explique mi-figue mi-raisin Marc Tarabella.

Selon le socialiste, les citoyens ont toutefois là une carte importante à jouer. Ils veulent que leurs données soient mieux protégées sur le net? Qu’ils fassent entendre leur voix. Comment? En envoyant par exemple un mail à l’un ou l’autre eurodéputé pour attirer leur attention sur cette problématique.