« Trois ombres au soleil », une tragédie urbaine

Bukowski adorait vomir Los Angeles. Maupin, obsessionnel, n’en finira peut-être jamais avec San Francisco… Nombreux sont les écrivains qui entretiennent une relation d’amour/haine avec leur ville fétiche. Et si John Henry faisait de même avec Bruxelles? Car la véritable héroïne de Trois Ombres au Soleil, premier roman de ce jeune auteur belge, c’est bien la ville. Souvent dans ce qu’elle de plus glauque.

C’est à Ixelles que se croisent sans le savoir Loïc, Sonia et Marie, trois êtres radicalement opposés, que seuls les stigmates provoqués par les revers de la vie rassemblent. Un mystérieux rendez-vous fixé sur un bout de papier va les réunir. De là, John Henry superpose les intrigues d’une plume souvent dure, parfois drôle et toujours juste. Roman existentialiste, jeu de piste fantastique,… Trois ombres au soleil ne peut être réduit à un genre à part entière. Le lecteur voyage au gré des envies de l’auteur et des errances de ses personnages. Jusqu’à la pirouette narrative finale qui finit d’enfoncer le clou. Appelons ça une tragédie urbaine.

B.L.

John Henry, « Trois ombres au soleil », Chloé des Lys, 25 € www.john-henry.be