BELGIQUE

Finis les œufs de cages dans les biscuits LU, Gaïa gagne du terrain

Finis les œufs de cages dans les biscuits LU, Gaïa gagne du terrain

Chez nous, les biscuits LU sont désormais uniquement produits à base d'oeufs provenant de poules élevées au sol. Belga

Le célèbre fabricant de biscuits Lu a décidé de ne plus utiliser que des œufs issus d’élevages hors cages pour la fabrication de ses produits vendus en Belgique. Une nouvelle victoire pour Gaïa, organisme de défense des animaux, qui gagne du terrain dans son combat.

Cette mesure a été adoptée suite aux concertations entre la marque de biscuit et GAIA. Cette année, la moitié du volume des biscuits Lu mis sur le marché belge et contenant des ovoproduits ne sera plus fabriquée qu’avec des œufs de poules élevées au sol. Et en 2014, la mesure concernera 100 % des biscuits vendus en Belgique. Cela correspond chaque année à environ 250 à 300 tonnes d’œufs.

22.000 poules épargnées

« Nous reconnaissons que le bien-être des animaux est un critère important pour les consommateurs, les clients et GAIA, indique-t-on chez Lu. C’est pourquoi nous avons débuté l’achat d’œufs de poules élevées au sol dans certaines de nos usines en Europe, et notamment pour tous nos biscuits qui sont vendus en Belgique » Chez Gaïa, on s'en doute, la décision réjouit. « Grâce à sa décision, l’entreprise épargne à plus de 22 000 poules pondeuses la souffrance de l’élevage en cages de batterie et leur accorde ainsi une vie meilleure », explique Michel Vandenbosch, président de l'organisme.

Gaïa gagne donc encore du terrain dans son combat pour boycotter les œufs en provenance d'élevages en cages de batterie. Depuis plusieurs années, l'association et ses sympathisants  tentent de pousser les grands groupes agro-alimentaires et la grande distribution à l'achat d'oeufs de poules élevées au sol, plus respectueux de l'animal.

Tache d'huile depuis 2007

En 2007, déjà, toutes les grandes chaînes de distribution en Belgique ont cessé la vente d’oeufs frais provenant d’élevages en batterie. Une mesure qui épargne un million de poules par an. Par la suite, plusieurs enseignes ont décidé de ne plus utiliser d'oeufs de cages dans leurs produits alimentaires de marque propre. Ainsi chez Colruyt, cette décision concerne quelque 1000 produits. Chez Carrefour Belgique, la décision a été prise pour les sauces de marque propre, soit 30 produits. 

Et le phénomène fait tache d'huile. Tout le secteur des produits à base d'oeufs (pâtes, mayonnaises, sauces, biscuits) se met aussi au pas : Vandemoortele, Devos Lemmens, Come Casa... "Calvé a même été un pas plus loin en optant uniquement pour des oeufs de poule élevé en plein air", souligne le président.

Une cible à la fois

Le modus operandi chez Gaïa ? Une action collective et ciblée sur une seule enseigne à la fois. « Nous demandons aux membres de Gaïa, aux bénévoles, aux sympathisants, aux citoyens sensibilisés à la problématique, d'envoyer des courriers et courriels à la société, détaille Michel Vandenbosch. Gaïa propose une concertation qui aboutit généralement positivement". Car le surcoût lié aux œufs de poules élevées au sol est relativement faible. Et la société a tout à gagner au yeux du consommateur, de plus en plus sensibilisé au bien-être animal et à manger éthiquement, durablement.

90% des oeufs frais sont élevés au sol

Visiblement, l'action de Gaïa paie. « Selon une étude récente, 90% des œufs frais vendus en Belgique proviennent d’élevages au sol en plein air ou bio ». Le secteur, qui représente en Belgique environ 10 millions de poules pondeuses chaque année (essentiellement en Flandre), est en pleine mutation.

En boycotant les oeufs de cages, le consommateur, l'agro-alimentaire et la grande distribution influencent en amont sur les éleveurs qui se tournent de moins en moins vers un élevage "en cages". Mais le combat n'est pas fini. La prochaine cible de Gaïa : la chaine de restaurant Lunch Garden.

Pour prendre part à la campagne: www.boycotcot.be