L’accident de Londres pose inévitablement la question du survol des villes par les hélicoptères et les avions. Ce survol est-il autorisé? En fonction de règles particulières?

Responsable pédagogique de la NEW CAG (Centre d’Aviation Générale) à l’aéroport de Charleroi-Gosselies, Berty Graux connaît bien le problème : il est à la fois pilote d’avions et d’hélicoptères.

«Le survol des villes par hélicoptère est autorisé, pour la bonne et simple raison que la plupart des héliports sont situés en bordure des agglomérations urbaines», explique-t-il. Sans compter que certains établissements, au cœur des villes, sont dotés d’une aire d’atterrissage des hélicos.

Ce survol des villes s’effectue de manière codifiée : il existe des «cheminements de vol à vue», publiés par les autorités et disponibles pour chaque agglomération. Ces données, sur cartes, sont embarquées à bord des hélicoptères, et permettent au pilote de suivre les couloirs définis.

Les avions ont eux aussi la permission de survoler les villes, mais avec l’obligation de le faire «à une attitude conforme à celle qui leur permettrait de planer en dehors de l’agglomération .» Cette altitude varie en fonction de l’envergure et du poids de l’appareil.

La disposition n’est pas que théorique : le 16 janvier 2009, le pilote d’un Airbus A320 de l’US Airways, avait réussi à le poser sans dommage sur l’Hudson, en plein cœur de New York. L’appareil était entré en collision avec des oiseaux, juste après son décollage, et s’était retrouvé en panne de réacteurs. Chesley Schullenberger l’avait alors fait planer jusqu’au fleuve, sur lequel il avait glissé à la manière d’un ski nautique. Ses 155 occupants avaient pu alors être évacués, sains et saufs. Grâce à l’exploit inédit de leur commandant de bord.

Phi. Le.