Transplantation d’organes

Scandale autour de la transplantation d'organes: la Belgique épargnée

Scandale autour de la transplantation d'organes: la Belgique épargnée

Chaque année, Eurotransplant permet la transplantation de 7 000 organes dans les pays membres de la fondation.

AFP

Le SPF Santé publique assure qu’aucun patient belge n’a été lésé par la tricherie sur les transplantations de foies en Allemagne.

Depuis quelques jours un scandale autour de la transplantation d’organes secoue le monde hospitalier allemand. Après les cliniques de Göttingen, en Basse-Saxe, de Ratisbonne et de Munich, en Bavière, c’est au tour de la clinique universitaire de Leipzig de se retrouver au centre d’une affaire de manipulation de données de patients afin que ceux-ci soient traités en priorité. Or, l’Allemagne fait partie du même système d’échange d’organes que la Belgique : Eurotransplant.

Les patients belges ont-ils dès lors été impactés par la tricherie des hôpitaux allemands? «Non, nous avons la garantie qu’aucun patient belge en demande urgente d’un foie (NDLR : le scandale concernerait uniquement ces transplantations) n’a été dépassé par un patient allemand sans que cela se justifie», dit-on au SPF Santé publique qui a reçu des garanties à cet égard de la part d’Eurotransplant.

Dans l’absolu, il n’est pourtant pas impossible que la tricherie allemande pénalise un patient belge ou d’un des cinq autres pays qui font aussi partie de la banque d’organes (Autriche, Croatie, Luxembourg, Pays-Bas et Slovénie), dit-on à l’ASBL SDO (Sensibilisation aux Dons d’Organes).

Sur les 182 patients allemands sur lesquels une transplantation du foie a été effectuée en 2010 et 2011, les données ont été modifiées pour 37 d’entre eux. Les diagnostics posés étaient plus graves que la réalité afin qu’ils soient considérés comme des cas urgents et puissent ainsi gagner quelques places sur la liste d’attente. Et dans la presse allemande, le directeur médical du centre universitaire de Leipzig a confirmé que ces patients avaient effectivement reçu un traitement prioritaire dans la centrale d’Eurotransplant…

Tricherie impossible Belgique ?

Une telle tricherie sur les «scores» attribués aux patients en attente d’un don d’organes est-il possible en Belgique? Non, assurent tant le SPF que l’ASBL SDO.

«Chez nous, la règle de calcul répond aux critères d’Eurotransplant et l’établissement du score du patient (NDLR : son niveau de priorité) fait l’objet d’une concertation entre les différents centres de transplantation», indique Anne-Noëlle Vervaet, de l’association SDO.

En Allemagne, cette priorisation des patients n’est pas établie de manière collégiale mais est l’affaire du seul hôpital où le malade est traité. Comme dans le cas de Leipzig où les deux médecins qui dirigent le bureau de transplantation et le directeur du département de chirurgie des transplantations, ont été suspendus de leurs fonctions après que la tricherie ait été dévoilée.

L’affaire a été mise au jour après que le nombre de transplantations du foie a fortement augmenté dans ce centre, passant de 46 opérations en 2007 à 60 en 2008, 79 en 2009, 85 en 2010 et 97 en 2011. L’année dernière, plusieurs cas similaires avaient été rapportés aux cliniques de Göttingen et de Ratisbonne où respectivement plus de 30 et plus de 40 patients auraient bénéficié d’un traitement prioritaire. À Munich, une enquête est toujours en cours, portant sur au moins quatre cas.