Dexia

L’Europe a approuvé le sauvetage

L’Europe a approuvé le sauvetage

« Ce plan permet de réduire le coût pour le contribuable au niveau strictement nécessaire », assure Joaquin Almunia.

AFP

Le sauvetage de Dexia par la Belgique, la France et le Grand-Duché a reçu le feu vert de la Commission européenne.

La décision était attendue, elle n’en est pas moins la bienvenue : la Commission européenne a approuvé ce vendredi le sauvetage du groupe Dexia, orchestré en octobre 2011 par les États belge, français et luxembourgeois, qui avaient déjà dû le sauver de la faillite à l’automne 2008. L’opération a coûté 5,5 milliards d’euros à la France et à la Belgique, qui ont, avec le Grand-Duché, garanti le financement de Dexia à hauteur de 85 milliards.

«Le plan que nous avons validé permet de s’assurer que le maintien sur le marché de certaines parties du groupe Dexia est réellement justifié ( … ) et que les distorsions de concurrence résultant des aides reçues seront minimisées», a commenté Joaquin Almunia, le commissaire européen en charge de la Concurrence.

Le spectre de la Lehman Brothers

«Ce plan permet de réduire le coût pour le contribuable au niveau strictement nécessaire à la mise en œuvre du processus de résolution ordonnée», a-t-il ajouté, tout en disant «heureux» de la décision.

Cette décision a sauvé Dexia d’un scénario qui aurait rappelé le spectre de faillite de la banque américaine Lehman Brothers, qui a eu des conséquences désastreuses pour l’économie mondiale. Mais, pour Dexia, elle passe par la «mise en gestion extinctive» de la holding du même nom et elle a entraîné la restructuration de Belfius (ex-Dexia Banque Belgique), nationalisée par l’État belge.

La direction de Belfius, précisément, s’est réjouie du feu vert européen. Il permet à la banque, souligne-t-elle, «de se recentrer sur son cœur d’activité de banque-assurance et de rétablir sa viabilité à long terme».

Renforcer les fonds propres

«Cette décision confirme un avenir durable pour Belfius en tant que banque autonome et lui permet de continuer à jouer son rôle de banquier-assureur et financier de l’économie belge», ajoute Jos Clijsters, le président de son comité de direction.

Belfius annonce son intention de ne pas distribuer de profits afin de renforcer ses fonds propres et «à ne pas réaliser d’acquisitions majeures d’ici à la fin 2014». Et confirme sa volonté de «développer des efforts soutenus afin de réduire les frais récurrents d’ici à la fin 2016».

En France, Dexia Municipal Agency (DMA), le véhicule de refinancement de Dexia qui permet d’emprunter sur les marchés pour prêter aux collectivités, sera adossé à une nouvelle banque de développement, à laquelle participeront l’État français, la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et la Banque Postale.

Cette entité «remédiera aux défaillances de marché pour le financement du secteur public local», a avancé M. Almunia.

Elle octroiera exclusivement des prêts dans des secteurs où il existe une défaillance de marché bien identifiée, à savoir les prêts aux collectivités locales françaises et aux hôpitaux publics français, souligne-t-on à Bruxelles.

Des garde-fous sont par ailleurs prévus pour éviter l’éviction des financements privés, ce qui garantit des conditions équitables entre concurrents au sein du marché unique.

De quoi sécuriser définitivement l’avenir de Dexia? Les prévisionnistes n’osent pas s’y risquer. L’essentiel était d’assurer sa viabilité, ce qui est chose faite. Pour lui permettre d’affronter les possibles tempêtes boursières et financières à venir…

Phi. Le.